St Thomas. Posterior, Analylic, Ub. I, lect. XVI
dans la plupart des cas : hujusmodi demonstrationes non faciunt simpliciter scire verum esse qiiod concludilur, sed seciindani quid ', scilicel quod sit verum. ut in pluribus '.
On fera l'application de ces mêmes principes, aux lois et aux maximes qui se rapportent aux manifestations ,de la volonté humaine, La contingence, dans ce domaine, dépasse celle qui accompagne le jeu des causes naturelles. C'est pourquoi l'étude des causes, dans les faits humains, est toujours si imparfaite et parfois si décevante. C'est ainsi que les explications tirées de la race, du milieu moral ou géographique, n'ont pas la valeur d'une véritable preuve dans l'application qui en est faite aux cas individuels. La liberté humaine et la contingence qu'elle suppose, ne permettent pas devoir là les puissances agissantes et les vraies causes, en dernier ressort, des mouvements de l'histoire. Nombreuses sont, dans l'ordre moral' les vues et les maximes dont l'universalité est toute relative et ne soutient pas un rapport nécessaire avec tel ou tel fait singulier : in moralibus consideratur quod ut in pluribus est, eo quod voluntas non ex necessitate operatar '•
Mais, on le comprend, le principe ne s'applique pas, dans la même mesure, à toutes sortes de sujets : il est susceptible de plus et de moins dans l'usage qu'on peut en faire. Tout dépend de la contingence de l'objet sousjacent de notre étude ou du degré où cette contingence
1. — Il ne sera pas inutile d'en faire la renaarque : une proposition démontrée vraie ut pluribus, est comme telle absolument vraie : quant à son application immédiate à un cas individuel, c'est une autre affaire.