‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 150 sur 162 · Ut supra · texte numérisé non relu

Ut supra

262 RÉSDMÊ ET CONCLUSIONS

par définition, l'abandon complet et eflFectif de l'autre partie de la contradiction : en d'autres termes, il faut voir dans l'absence de raisons contraires dignes de retenir l'attention, une condition sine qua non de sa formation.

2° Quand des raisons de ce genre coexistent, ce n'est pas l'opinion gui en résulte mais un soupçon d'opinion.

Rien autre, en effet, ne peut logiquement s'ensuivre. Dans ce cas, on s'éloigne sensiblement d'une partie de la contradiction pour se rapprocher de l'autre ; mais on ne quitte pas prise pour cela et on ne le peut sans faire violence à l'état objectif de la question. Sans doute, on peut toujours passer outre à l'inhibition qu'exercent les raisons contraires, et formuler un jugement ; mais ce jugement n'est accompagnée d'aucune espèce de croyance, ou de conviction. Une chose essentielle lui manque :

3° // n'est pas douteux que ce ne soit là toute l'opinion dans la théorie actuelle du probable et qu'ainsi conçue, elle ne crée aucun droit à croire ni à conclure.

La comparaison la plus sommaire sufiBt à nous renseigner à ce sujet. Cette théorie n'a pu naître et s'édifier qu'en donnant à la probabilité et l'opinion, le sens de contingence possible : c'est-à-dire en leur enlevant toute valeur déterminante actuelle, contrairement à ce qu'on avait toujours pensé : omne cujus opinio est, determinatum est in anima opinantis '. Dans l'état, au contraire, où l'esprit penche simplement plus d'un côté que de l'autre, rien n'est déterminé : de tous les éléments qui sont alors

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