‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 153 sur 162 · S. Alpho.nsus. Theolog. Moralis., L. C. L. III. n» ôU · texte numérisé non relu

S. Alpho.nsus. Theolog. Moralis., L. C. L. III. n» ôU

parailleurs.rautoritéenquestionnepeutfaiiel'objetd'une démonstration directe : non manifestalur per aliqiiod médium probativum '. Dans ce cas, on risque de manquer d'un point d'appui suffisamment solide. Ce n'est pas à dire que l'érudition, en ces matières, ne soit pas très utile : elle l'est, dit le B. Albert, même pour ce qui est simple énonciation de la part des Auteurs : quamvis non probata /io^«propo/ianfar*. Nous trouvons là un élément d'information, sinon le moyen propre et efficace exigé par l'opinion scientifique quant à son mode d'acquisition. En un mot, le motif d'autorité ne peut pas être, ici, primordial : il est essentiellement 5a6a//erne : un motif d'essence rationnelle lui est logiquement antérieur.

C'est pourquoi la raison d'autorité employée toute seule dans le domaine qui nous occupe, représente un moyen extra-scientifique pour les profanes, de participer à la science et à l'opinion, qu'elle suppose acquises par un autre procédé. Par ailleurs, en insistant, dans une question particulière, beaucoup plus qu'on ne le fait, sur les principes rationnels et les raisons objectives, ou servirait plus utilement la cause de la théologie morale. On créerait des convictions lucides et personnelles, on fixerait les esprits, on diminuerait le nombre des divergences de vue, et tout cela parce qu'on tiendrait compte de cette remarque d'Aristote : veriim et simile vero ejusdem est facuUatis videre (Rhetor. lib. I, cap. I).

7° L'opinion constitue un principe d'action normal, immédiat et se suffisant pleinement à lui-même, dans les limites que nous avons indiquées ailleurs.

i, — JoA\. A s. Thomas. II p. quxst. 26, art. 5,

2, — Albertls m. Ethicor., VI, tract,, lib. III, cap. VI.

270 RÉSOMÉ ET CONCLUSIONS

11 s'agit, on le comprend, de l'opinion telle que nous l'avons définie avec Aristote et saint Thomas, et telle qu'elle résulte de la progression naturelle de notre esprit dans la connaissance. Nous l'avons vu, par tous ses éléments caractéristiques, elle dénote quelque chose d'achevé, de complet dans son genre : toute sa nature et toutes ses propriétés se résument dans ces mots souvent rappelés par les Anciens : opinio non est quœstio. Ils suffisent à expliquer et légitimer notre conclusion. La chose est assez démontrée, dit Aristote, quand les raisons contraires étant écartées par la discussion, il ne reste que les vraisemblances favorables à l'opinion : et restent ea quœ comprobat opinio, satis fuerit a nobis res hsec demonstrata \ Les textes qui montrent la pensée et la doctrine des plus anciens auteurs sur la valeur autonome et suffisante de l'opinion ou de la probabilité sur le terrain de l'action ne manquent pas. Pour le B. Albert, le sage, en matière non nécessaire, est celui qui se référant à la probabilité des raisons, se maintient ferme dans la conclusion qui en découle : auditum refert ad consideralionum probabilitatem et stat in consequentia opiniata '. Il ne reste plus, après cela, qu'à passer à l'action : stare in opère. C'est dans le même sens qu'il dit encore : moralis non docet, nec vere probat sed persuadet quacanique ostensione '. Qu'est-ce à dire sinon que l'opinion rentre, normalement et de plein droit, dans la catégorie des principes de l'acte moral i> mais il importe

i. — Aristoteles. Ethica Nicom., lib. VII, cap, I.

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