Albertus m. Ethicor., lib. I, tract. IV, cap. III
de donner aux mots, en pareil cas, le plein sens que les Anciens leur donnent ; autrement, on commettrait de graves erreurs d'interprétation, comme on le voit bien dans la manière suivante de s'exprimer : operatur bomim habitas ex probabilibus et persuasivis *. En voyant les choses du poiiit de vue du système actuel de probabilité, on s'y tromperait facilement.
Nous ajouterons que les Anciens ramenaient la prudence à la catégorie de l'opinion. Saint Thomas la place in parle opinativa animœ \ Sans doute quant à ses préceptes généraux, cette vertu se confond avec la science morale ; mais quant à la connaissance des données concrètes et distantes sur lesquelles elle opère, sinon quant à la direction qu'elle leur imprime vers une fin, elle ne sort pas des limites de l'opinion : in particulari non excedit cerlitudinem opinionis eiim de futaris concladit aut ahsentibiis ' : ce qui est précisément dans son rôle. Inutile d'apporter d'autres textes : c'est toute la logique du probable, toute la philosophie de la connaissance en matière contingente, qui appelle notre conclusion. Nous ne pouvons cependant nous dispenser de citer encore le passage suivant d'un auteur antérieur à la controverse probabiliste : non est in duhio, dit-il, qui probabilibus ralionibus Jïeclilur in unam partem : tenet iste certuni sibi moraliter, cuni in nioralibus sufjiciat cerlitado ex probabilibus secundum philosophum *. Mais l'auteur qui parlait