St Thomas. 2g. disput. de Virtut.. q. II, art. 13 cd
Cette première note du probable est plutôt négative. Il nous reste à expliquer sous quelle forme se présente cette absence de nécessité. D'où provient-elle ? Il faut en voir l'origine première dans ce fait que la cause mise en avant n'est pas la cause propice et directe. Elle est extérieure au sujet pris en lui-même, dans ses éléments constitutifs et intrinsèques. C'est pourquoi la dialectique dont la matière est le probable s'appuie sur des signes, des indices plutôt que sur des causes proprement dites : ex signis que inveniuntur in multis \ Elle procède par approximation de l'objet, sans le pénétrer véritablement. Nous citerons à titre d'exemple l'argument d'autorité humaine. On ne peut lui refuser a priori toute espèce de valeur. Cependant il n'en est pas moins vrai qu'il ne nous fait pas pénétrer à l'intérieur de la question. On doit en dire autant des considérations tirées de l'action du milieu intellectuel ou moral pour établir une conclusion concernant l'existence ou la succession d'acfes humains individuels. Ces facteurs et tant d'autres semblables, en pareille matière, ne sauraient être donnés comme la cause propre de nos actes. Ils ne sont par rapport à cette cause, qui est une volonté particulière et libre, qu'un moyen extérieur : extraneiim mediuni. Nous ajouterons que dans la période de tâtonnements et de recherches de toutes les sciences, il est fréquent de se laisser guider par des vraisemblances et, partant, de se livrer à des interprétations anticipées des phénomènes ou à des conclusions préjugées. Là encore la cause propre d'où dépend la science n'est qu'approchée.