‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 24 sur 162 · St Tuomas. Poster. Analytic. Lib. I, lect · texte numérisé non relu

St Tuomas. Poster. Analytic. Lib. I, lect

pas à une véritable probabilité. II appartient à uii esprit réfléchi et prudent de ne pas conclure, dans ces conditions, au-delà de ses raisons justificatives. C'est néanmoins ce qui a lieu bien souvent sous l'action de la volonté ou, en d'autres termes, d'un bien apparent. On tient alors à certaines négations ou affirmations beaucoup plus par ce qu'elles disent à l'appétit qu'à lintelligence : magis amore boni qiiam veri qiiod in eis est\ C'est ce qui se produit pour l'assentiment donné dans l'état de doute ou de soupçon : nous voulons dire avec des justifications qui ne peuvent autoriser qu'une attitude intellectuelle correspondante à ces deux états d'esprit.

Enfin nous noterons une dernière particularité du motif probable qui est c?'e/re multiple. La cause nécessaire d'une conclusion se suffît à elle-même ; dans son genre son efficacité est absolue. Il n'en est pas ainsi en matière de probabilité : une raison prise à part y est souvent impuissante à produire l'opinion ; elle a besoin d'être renforcée par d'autres considérations : médium demonstrationis quod perfecte demonsirat conclusionem est unum tanlum, sed média prohahilia suni muUa *. C'est pourquoi l'élaboration de l'opinion est chose complexe et délicate : la multiplicité des aspects à considérer, en pareil cas, exige un examen approfondi et beaucoup de circonspection. Mais que la raison probable soit unique ou multiple, il est une chose qu'on ne doit jamais perdre de vue : c'est que, seule, la raison qui est en état de produire effectivement l'opinion, mérite d'être appelée probable. Si elle ne

i. — AlbertusM. Poster. Anali/tic. Lib. I. cap. II. 2. — St Thomas. Sum. theologica 7' p. quœtt. il.

produit qu'une inclination à conclure, à croire, à se déterminer, sans provoquer objectivement notre adhésion, elle n'est pas probable, contrairement à ce que tant d'auteurs s'imaginent. De même que le moyen nécessaire est celui qui fait la science, de même le moyen probable est celui qui fait l'opinion : il en est la raison déterminante et formelle, par définition même.

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