I. — St Thomas. Posterior. Analytic, Lib. I lect. ii
de la connaissance. Cet élément est formel à tel point qu'il nous donne l'opinion, même en matière de science pure, ainsi que nous l'avons fait remarquer déjà avec Saint Thomas : oplnio est de his qiiœ accipiuntur ut contingeniia aliter se habere, sive sint talia sive non '. De même que le moyen nécessaire fait la science, de même le moyen d'une valeur suffisante bien qu'inférieur à la nécessité fait l'opinion.
Ces distinctions sont capitales ; les ignorer ou les perdre de vue, c'est se condamner à ne rien comprendre à certaines affirmations des anciens auteurs scolastiques. Par ailleurs, elles intéressent au plus haut degré le sujet que nous avons entrepris d'élucider. Elles contiennent en germe toute la doctrine de la probabilité et de l'opinion. Tout notre effort aura pour but d'en dégager les ^conclusions principales. Nous ne reviendrons pas sur la nécessité ni sur les degrés divers où elle se rencontre dans les sciences. Nous en avons dit l'essentiel. Il s'agit maintenant de bien déterminer les éléments constitutifs et caractéristiques de l'opinion.
Ce mot, dans son sens le plus général, peut désigner toute espèce de connaissances, même les plus certaines. 11 est assez souvent employé de la sorte aussi bien en français qu'en grec et en latin. Mais une telle acception est plutôt impropre. Il en est une autre plus restreinte qui nous en donne le contenu spécifique, la signification particulière. Ce n'est plus d'une connaissance quelconque qu'il s'agit, mais d'une connaissance toute spéciale, ayant ses différences propres dont la plus fondamentale est de