‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 28 sur 162 · St Thomas. Poster. Analytic, lib.J, lect. XLIV · texte numérisé non relu

St Thomas. Poster. Analytic, lib.J, lect. XLIV

NOTION PHILOSOPHIQUE DE l'oPINION 47

perler sur un objet qui peut être autrement qu'il n'est: c'est-à-dire sur un objet contingent dans son être et dans sa cause, qu'on l'entende du particulier ou du général : £st circa contingentia aliter se habere sive in universali SLve in parliculari '. C'est dans cette possibilité d'être autrement qui réside la cause première de l'infériorité de l'opinion comme connaissance acquise.

Il est bien évident que cette possibilité de changement n'est pas la même dans tous les cas. Elle peut être plus ou moins prochaine, plus ou moins prête à passer à l'acte. Bien plus, elle se concilie, dans de nombreux cas, avec un jugement certain d'inhérence actuelle. C'est ainsi que nous voyons les anciens ranger dans la catégorie de l'opinion nos connaissances concrètes individuelles, acquises par une intuition directe ou une conscience immédiate : v. gr. j'ai faim, la neige tombe, Pierre court. Elles ne laissent rien à désirer sous le rapport de la vérité de fait ; mais en tant que soumises au changement, elles sont essentiellement précaires. Les énonciations dans lesquelles elles s'expriment, peuvent devenir fausses avec le temps. Ainsi une seule et même proposition de cet ordre peut être successivement vraie et fausse selon le jeu des contingences. C'est dans ce sens que saint Thomas dit : opinio se habet ad veriim et falsum *. Il en est tout autrement des principes et des conclusions de la science proprement dite. La conformité avec l'objet qui s'y trouve affirmée constitue un rapport nécessaire et universel.

1. — S. Thomas. PosterioT. Analylic, Lib. I. Lect. 44t. XLIV.

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