St Thomas. Posterior. Analystic, Lib. I. Lect. XLIV
Que les anciens niellent au comple de l'opinion les connaissances concrètes et immédiates dont nous parlons, on ne saurait en douter. 11 est manifeste, dit Albert le Grand, que les choses singulières, en tant que tombant sous les sens et pouvant être autrement, ne sont pas objet de science. De son côté saint Thomas fait rentrer dans le domaine de l'opinion les propositions de choses contingentes directement perçues : existimatio propositionum contlngentium immediataram est opinio \ On voit à quoi se réduit en pareille matière la crainte touchant l'autre partie de la contradiction, celte formido altérais que tous les auteurs placent dans la définition même de l'opinion. Ce n'est plus que la précarité même de la connaissance. Comme le fait remarquer Averroès dans son commentaire des « Derniers Analytiques » ce qui manque aux assertions de ce genre c'est l'universalité de temps : de là vient qu'elles ne s'opposent pas au faux possible : possibile est quod opinabile in alla teinpore sit in diversam ejiis quo opinalur ipsum *. Une telle possibilité, même comme futur contingent, suffît à caractériser l'opinion. Mais n'anticipons pas. Nous reviendrons sur la portée de cet élément de l'opinion souvent si mal compris. Ce qu'il importe de remarquer c'est l'instabilité même du jugement formulé dans les conditions que nous venons de dire : instabilité que le B. Albert fait bien ressortir en disant : scientia et intellectus sunt circa intransmiitahilia vera : opinio autem circa transmutabilia*. On peut voir par là combien le domaine