St Thomas. Poster. Analystic. Lib. Il, lect. UU
2. — AvERROis CoRDUBENSis. Posterior. Resolutor. Cap. XXIII. '•). — ALnKRTUs. M. Poster. Analy. ic, lib. I, tract. 5, cap. 9.
îfOTIO:* PHILOSOPHIQUE DE LOPIMO!* 49
de ropinion pour les anciens était à la fois étendu et rigoureusement délimité. Par ce juste départ de nos connaissances, ils évitaient des confusions et des illusions trop communes dans la philosophie scientifique de nos jours.
Mais le contingent n'est pas toujours atteint et perçu immédiatement, en lui-même — in seipso — en tant que déterminé et actualisé. Considéré de la sorte, il peut être connu sans crainte d'erreur pour le présent. Mais il en est autrement quand il s'agit de l'établir, en conclusion, par le raisonnement. Les moyens termes auxquels nous pouvons avoir recours, dans ces conditions, n'ont pas de valeur démonstrative : l'enchaînement causal qu'ils tendent à prouver manque de rigueur absolue : ils ne peuvent d'eux-mêmes forcer notre assentiment. Tout ce qu'ils peuvent faire c'est de le montrer réalisable par la volonté. En d'autres termes, ils n'aboutissent qu'à la probabilité et l'opinion. Nous avons ainsi un état d'esprit inférieur à celui de la science. 11 nous reste à le définir exactement. Ce n'est pas une besogne facile.
L'imperfection même des éléments qui entrent ici en jeu se prêtent mal aux délimitations nettes, aux contours précis. La terminologie elle-même, en semblable matière, n'est pas toujours bien fixée, quand il s'agit de certains états d'esprit intermédiaires. Il existe quelque flottement, sur ce point, chez les grands maîtres eux-mêmes de l'Ecole, Elle est assez souvent tirée des Topiques d'Aristote ; or, on sait que dans cet ouvrage, le stagyrite a multiplié les distinctions, pour répondre aux besoins démesurés de VEristique, et qu'il a poussé, dans de nombreux passages, la concision jusqu'à l'extrême limite de l'intelligibilité. La plus grande circonspection s'impose donc dans la re-
cherche de la doctrine authentique des anciens philosophes et Ihéologiens sur les questions relatives à la probabilité et lopiniou. Ce qui augmente encore la difDculté, c'est qu'en fait de distinctions et de subdivisions, Aristole a été largement dépassé par les modernes, pour tout ce qui regarde les états d'esprit comme le doute, la probabilité et lopinion. Mais abordons notre sujet.
CONCEPT DE l'opinion d'aPRÈS SAINT THOMAS
Dans la langue et la tradition de la philosophie aristotélicienne et scolastique, on entend par opinion, un acte de notre esprit prenant parti pour un des contradictoires sans être pleinement rassuré au sujet de l'autre : opinio significal actum intellectas nostri qui fertur in unam parteni contradictionis cum formidine alterius '. SaintThomas, comme nous le verrons plus loin, ajoute parfois un mot ou deux à cette définition. Cependant telle qu'il nous la donne, dans la formule qu'on vient de lire, elle exprime l'essentiel de la chose. Quant aux autres remarques et aux explications qu'elle comporte, en voici les plus importantes.
Ce qui frappe tout d'abord, dans cette définition, cest que l'opinion implique une détermination intellectuelle. C'est même là sa différence spécifique. Elle exprime en acte et en exercice, l'approbation ou l'assentiment que le probable ne dit qu'en aptitude. Sous ce rapport, elle renferme un véritable jugement. C'est pourquoi Aristotefait tout particulièrement observer qu'elle est une énonciation : non quœstio, sed quœdamjam enwiciato est '. C'est