‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 31 sur 162 · Aristote. Ethica Nicomachea lib. VI. cap. IX · texte numérisé non relu

Aristote. Ethica Nicomachea lib. VI. cap. IX

NOTION PHILOSOPHIQUE DE l'oPINION 5l

ainsi qu'elle se distingue de la délibération, du soupçon, de la conjecture, du doute et de tout autre état de connaissance où l'esprit reste en suspens ou n'a qu'une inclination fugitive et instable. Dans l'opinion au contraire, la recherche a sa conclusion, la question sa réponse, l'esprit formule son jugement, la position est prise. Sans doute la satisfaction de l'esprit n'est pas entière. Cependant le résultat acquis a plus d'acte que dç puissance. 11 clôt positivement le travail d'examen intrinsèque et comparatif auquel on vient de se livrer sur une question précise. 11 met fin à toute investigation ultérieure dans les limites de l'opinion.

C'est pourquoi Aristote voulant marquer toute la différence qui existe entre le Conseil et l'opinion s'exprime ainsi : idoinne ciijus estopinio jani decisum ac transactum est \ Tout ceci nous donne une juste idée de ce qu'il y a de positif et de final dans l'acte d'opinion.

Saint Thomas, avons-nous dit, ajoute parfois quelques mots à la définition de l'opinion que nous avons reproduite. Ces additions méritent d'être soulignées : elles mettent en pleine lumière la véritable pensée du saint Docteur sur la nature et la portée de l'opinion. Voici d'abord comment il s'exprime dans un passage de la Somme théologique. « Dans l'opinion l'esprit ne donne pas son assentiment sous la motion efficace de l'objet : c'est par l'effet d'un certain choix volontaire, qu'il se porte plutôt d'un côté que de l'autre : intellectus assentit alicui non quia sufjicienter movcatur ab objecto proprio, sed per quanidam electionem voluniariam declinans in

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