St Thomas. Sum. IheoL.I-Il, qusest. XIII, art. I
5i ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DE LA PROBABILITÉ
même à notre assentiment. La causalité du probable pour n'avoir pas d'efficacité par elle-même, n'en existe pas moins pour cela. Ce qui la distingue de celle du nécessaire, c'est qu'elle est obligée de passer par la volonté. On peut la comparer à la causalité de celui qui donne conseil sur ce qu'il convient de faire et dont il est dit : movet ad eligendiim. Il n'en résulte évidemment aucune nécessité intrinsèque ; on ne peut cependant, en pareille matière, nier tout rapport de cause à efTet.
Il nous reste maintenant à examin<3r une autre formule par laquelle saint Thomas définit l'opinion. Il s'y trouve un mot dont il convient de peser exactement la portée. Nous ne le ferons que sommairement ici, car il touche à un point capital sur lequel nous reviendrons dans la seconde partie de cette étude Voici la définition dont il s'agit : elle est tirée de la première leçon du saint Docteur sur les « Derniers Analytiques ». — « Quand la raison, dit-il, n'atteint pas dans ses recherches à la certitude scientifique, elle parvient cependant à la croyance ou à l'opinion : et cela à cause de la probabilité des raisons qui lui servent de point d'appui. Alors, la raison se détourne complètement de l'une des deux parties de la contradiction, bien qu'elle ne soit pas sans crainte au sujet de l'autre : ratio lotaliter déclinât in iinani parlem contradlctionis, lice t cum for midine alertas '. Ce qui frappe ici bien plus encore que la part de volontaire dont nous parlions tout à l'heure, c'est le mot totaliter inséré dans la définition. On en est étonné et surpris tout d'abord. Car enfin, si notre esprit s'éloigne totale-