‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 34 sur 162 · Sx Thomas. Poster. Analytic. lib. I. lect. L · texte numérisé non relu

Sx Thomas. Poster. Analytic. lib. I. lect. L

MOTION PHILOSOPHIQUE DE l'oPI.NION 55

ment de l'une des deux parties de la contradiction en présence, il semble qu'il ne lui manque rien sous le rapport de la certitude. Comment, en effet, concilier l'abandon complet d'un jugement ou d'une proposition en faveur de sa contradictoire, avec un reste de crainte ? Et cette difficulté paraît d'autant plus grande, que la suite du texte que nous venons de citer n'est point faite pour la dissiper. 11 y est question d'un état d'esprit inférieur à l'opinion elle-même et dénommé soupçon. Il nous est décrit en ces termes : « Dans le soupçon on ne se porte pas totalement vers l'un des contradictoires, bien qu'on éprouve plus d'inclination pour l'un que pour l'autre : non totaliler decUnalur ad unam partem contradictionis llcet magis inclinetiir in hanc qiiam in illam '. Ceci ne fait que nous confirmer dans l'idée que l'un des caractères essentiels et spécifiques de l'opinion est l'éloignement complet de l'autre partie de la contradiction. Mais la difficulté n'en est pas diminuée pour cela. Pour la résoudre, il est nécessaire de ne pas perdre de vue le procédé suivant lequel se forme l'opinion.

Ce procédé n'a pas l'unité qui convient au raisonnement démonstratif. La proposition sur laquelle repose ce dernier est le seul point de départ possible. Si elle est affirmative, la négative se trouve par le fait même éliminée à l'origine même de la démonstration. Il en est tout autrement du procédé dialectique : car une proposition prise comme prémisse en matière contingente, n'exclut nullement la possibilité du contraire. Bien plus, en prenant le probable pour le contingent lui-même, comme le

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