St Thomas. Poster. Analytic. lib. I, lect. I
56 ÉLÉMEfiTS CONSTITUTIFS DE LA. PROBABILITÉ
font assez souvent les anciens, on peut dire que la négative est aussi probable que l'affirmative : ce qui peu/ être peul aussi ne pas être. C'est pourquoi le dialecticien doit faire porter son travail d'examen sur les deux parties de la contradiction : habel viain ad utramque partent contradiciionis '. Peser le pour et le contre, faire porter son information sur les deux contradictoires, est pour lui une nécessité. C'est ce que les anciens exprimaient encore en disant : dialecticiis est collectivus utraisque partis conlradiclionis *. La conclusion dernière de cette investigation, en partie double, c'est l'opinion.
Celle-ci nous apparaît donc comme le résultat des raisons reconnues prépondérantes et victorieuses, comme une détermination particulière et positive, que l'on prend tout bien pesé et considéré. En réalité, elle naît de la défaite de l'autre partie de la contradiction, de l'impuissance dynamique des raisons contraires. Sans cette impuissance ou cette défaite, l'esprit ne peut sortir du doute ni du soupçon : il demeure entravé. Nous compléterons ces données dans la suite. Cependant telles qu'elles se présentent ici, elles nous font déjà bien comprendre comment, d'après saint Thomas, l'opinion implique l'éloignement complet de l'autre partie de la contradiction. Celte dernière en vertu même du procédé suivi, devient totalement inopérante, dans le cas soumis à notre examen.
Mais on ne manquera pas d'objecter : d'où vient dans ces conditions, la crainte inhérente à l'opinion ? Cette crainte n'entre-t-elle pas comme un élémentcaractéristique