St Thomas. Poster. Analytic. lib. 1 lect. I
NOTION PHILOSOPHIQUE DE L OPINION 6î^
s'agit de l'opinion raisouuée. Aristote s'en tient dans le cas, à la « possibilité d'être autrement ».
Quoiqu'il en soit, les états d'esprit, tels que nous venons de les exposer, d'après les anciens, sont nets et francs : leurs caractères différentiels sont facilement reconnaissar blés, et correspondent exactement aux étapes naturelles de notre esprit en marche vers la science ou la connaissance parfaite. En les subdivisant comme on l'a fait, on s'est non seulement éloigné de la lumineuse et féconde simplicité des anciens, mais encore on a posé une cause de confusions inextricables. Toute ligne de démarcation a finalement disparue entre les états d'esprit en question, qu'on fait rentrer les uns dans les autres, en les dépouillant de tout caractère spécifique nettement défini.
Il est une autre difQculté que fait naître une lecture attentive des anciens auteurs. Nous ne pouvons nous dispenser de l'examiner ici. Albert le Grand distingue deux moments, et comme deux stades dans la genèse de l'opinion. Dans le premier, qui garde le nom d'opi nîon, un assentiment est donné, il est vrai, mais il n'a pas toute la fermeté dont il est susceptible même dans son genre : opinio est quando non conjirmato consensu (ratio) amplectitiir alteram \ On le voit, l'adhésion de l'esprit à l'une des deux parties de la contradiction existe. Mais il est possible et même indiqué de fortifier la position prise, Dans ce but, on a recours aux lois et aux ressources de la logique du probable : c'est-à-dire au raisonnement conduit et ordonné avec une certaine science. Ce travail accompli, l'opinion prend le nom