‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 40 sur 162 · Albertus. m. Metaphysicor. lib. III, tract. I, cap. I · texte numérisé non relu

Albertus. m. Metaphysicor. lib. III, tract. I, cap. I

de croyance, persuasion : fides. C'est ce qui est clairement indiqué dans le passage suivant du B. Albert : Jides fit ex opinione quando opinio j avatar et con/ortatar ad unamrationis *: c'est à-dire que l'opinion se transforme en croyance, lorsqu'elle s'est affermie dans sa position par le raisonnement : opinio juvata ralione fit fides.

Saint Thomas, lui, mentionne plus rarement cette distinction. Ainsi il n'en parle pas dans son commentaire du chapitre des « Seconds analytiques », dans lequel Aristote compare la science aux autres modes inférieurs de connaissance. Aucune allusion n'y est faite aux deux formes susdites de l'opinion. Il n'en est pas question non plus dans la Somme théologlqiie.' Cependant la distinction dont il s'agit ne lui est pas inconnue. Ainsi il admet que l'opinion reçoit un accroissemeut de consistance et de force, de la dialectique : argumentatio dialectica firmilatem habet ex loco vero *. Bien plus, dans sa première leçon sur les « Seconds analytiques » il parle explicitement de l'opinion croyance. Si la science, dit-il, ne résulte pas toujours de la recherche rationnelle, il peut néanmoins en résulter la croyance ou l'opinion : etsi nonfiat scienlia fit (amen fides vel opinio ' : et il fait suivre ces deux mots,

Page 1