Albertls m. Topic. lib. I, tracl. 1, cap. JI
FONDEMENT ET NATUKE DU l^UUBABI.i: 13
gner des auteurs approuvés. Quant à l'aulre accepliou, elle se rencontre également dans leurs écrits, toutes les fois qu'ils parlent de la probabilité d'opinion ; cette dernière étant toujours, pour eux, accompagnée d'une certaine crainte du contraire. Nous verrons dans quel sens et dans quelle mesure. Mais il ne sera pas inutile d'en faire la remarque : alors même que les anciens parlaient du probable dans le sens restreint, ils en faisaient toujours ressortir le côté positif, comme on le voit dans le passage suivant : u Personne étant convaincu qu'une chose ne peut être autrement qu'elle n'est, ne s'imagine approuver — probare — c'est-à-dire faire œuvre de probabilité et d'opinion : probabiliter se habere ad opinata ^ Les modernes, au contraire, surtout depuis qu'on agite dans les Ecoles la question du probabilisme moral, ont une tendance bien marquée à faire passer au premier plan l'élément incomplet ou négatif de la probabilité. C'est ainsi qu'elle est pour eux le caractère d'un J/i^eme/if dont les motifs ont plus de poids que ceux du jugement contraire. Ils ont été conduits de la sorte à un concept inadéquat de l'opinion : ce qui n'a pas peu contribué à l'obscurité et à la confusion des questions qu'ils ont voulu poser et résoudre.
Enfin, il importe beaucoup de le remarquer, chez les anciens Scolastiques, le probable er,t pris, assez souvent, pour le contingent lui-même. C'est ainsi que, dans son commentaire des Topiques, le B. Albert se sert parfois de l'expression in materia probabili, pour désigner le domaine du contingent. « 11 est un probable, dit-il en-