‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 5 sur 162 · Id. Poster. Analytic. Lib. I, tract. V, cap. IX · texte numérisé non relu

Id. Poster. Analytic. Lib. I, tract. V, cap. IX

core, qui l'est par sa substance même, son objet contingent : est prohabile in contingentibus, quod secundiim sui siibstantiam probabile est '. C'est dans le même sens qu'il faut entendre la certitude probable — certitado probabilis ' — dont parle saint Thomas. Le mot probabilis caractérise, ici, la certitude en tant que réalisable dans telle matière : mais il n'exclut nullement l'existence, dans les choses morales et contingentes, d'une certitude spécifiquement distincte de la probabilité d'opinion.

Mais rien, dans les remarques que nous venons de faire, ne nous donne encore la moindre idée philosophique de la probabilité. Pour dégager cette idée, une analyse plus complète de la question est nécessaire. La probabilité d'un jugement, disions-nous, est la qualité qui le rend digne d'approbation : dignum quod probetiir. Le mol probable connote l'assentiment mais seulement en puissance : il exprime l'aptitude d'une chose a être crue ou acceptée. C'est-à-dire que cet assentiment ne s'impose pas comme dans les cas d'évidence immédiate ou inférée ; il est plutôt discrètement sollicité. On trouve ainsi, dans le mot lui-même, une indication de la faiblesse intrinsèque du motif ou de la cause de l'assentiment, en pareille matière.

Mais d'où vient, à un jugement ou à une proposition quelconque, ce caractère qui le rend susceptible d'une adhésion mêlée d'une certaine crainte ? C'est ce qu'il importe de rechercher avec soin, si nous voulons acquérir une juste notion de la probabilité dans nos connaissan-

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