‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 41 sur 162 · Sx Thomas. Opusc de Fallaciis, cap. II · texte numérisé non relu

Sx Thomas. Opusc de Fallaciis, cap. II

3. — St Thom\s. Poster Analytic. Ub. I, lecl I. Nous ferons remarquer une fois pour toutes, que le mot fides ou tiÎgtiç, en pareille matière, ne désigne nullement une adhésion de l'esprit fondée sur Tautorité de celui qui parie, mais la croyance ou la conviction qu accompagne l'opinion véritable, et la distingue de ruzo/*//|i.ç. Comme on le voit par la raison elle-même de l'opposition qu'Arislote établit constamment entre ces deux états d'esprit. Il réservait à bon droit, à l'adhésion d'opinion, le mot de croyance que certains savants ou philosophes modernes appliquent même à ce que l'on sait, à ce

NOTION PHILOSOPHIQUE DE l'otIMO^ TS

qu'on le remarque bien, d'une seule et même défini (ion comme nous l'avons vu plus haut. 11 place en premier lieu, le degré dénommé fuies, parce que, partant de la science, il suit ici une progression décroissante.

Quelle est l'origine et la portée de cette distinction ? Pour s'en rendre compte, il est nécessaire de remonter au texte grec d'Aristote. Le doute, â-opîa, mis à part, ce dernier se sert de trois mots différents pour désigner les autres états d'esprit inférieurs à la science : u-olr,<L'.ç, Sdça, Tzifj-K;. Les deux premiers ont été bien souvent rendus dans les traductions anciennes et même modernes, par opinio '. Il en est résulté une certaine confusion dans la terminologie des commentateurs. C'était inévitable: car. sans aucun doute, ces deux mots n'ont pas la même signification dans la langue Aristotélicienne. Il marque deux étapes différentes de notre esprit en marche vers la science. Il est certain que V'jrjj^'r^'lic, désigne une opération intellectuelle amoindrie, incomplète. On sait que la préposition u-o, en composition implique une idée de diminution, de retranchement. Mais dans quelle mesure, sous quelle forme cette idée se vérifîe-t-elle dans le cas. Le plus sûr moyen de le savoir, c'est de s'adresser à Âristote lui-même. C'est seulement dans un passage de sa « Morale » qu'il esquisse une définition du mot dont il s'agit : 'v) Sa ùiroV/id'.ç, dit-il, èctiv r\ ûitép aTccxvcôjv éTta[/.cpoTEp(^ojjL£v Tçoç To xal Eivai Taùxa ouxo) xal u.-}\ etvai : ' qua

qui est rigoureusement démontré, en parlant de croyances sensibles, mathématiques, etc.

1. — L'édition F. Didot, dont la traduction latine est un mélange d'autres plus anciennes, rend le plus souvent u— oAr|Uiç par opinio, très rarement par suspicio. Ainsi en est-il de la traduction latine qui figure dans les Commentaires d'Averroès (Venise 1303).

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