‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 45 sur 162 · NOTION PHILOSOPHIQUE DE L OPINION /D · texte numérisé non relu

NOTION PHILOSOPHIQUE DE L OPINION /D

suit tout d'abord que le faux reconnu comme tel ne peut être objet d'opinion : omne falsiim est inopinabile, dit saint Thomas. Mais ce qu'il ajoute est moins évident à première vue : sed non convertilur : 11 n'y a pas réciprocité. En d'autres termes, de ce qu'une chose ne peut être raisonnablement matière d'opinion, il n'en résulte pas qu'elle soit fausse. C'est le cas d'une proposition contraire à l'opinion commune, non contestée comme telle. On ne saurait la prendre comme point de départ d'une argumentation dialectique. Dans ce sens, elle est invraisemblable ; inopinabills . Cependant de ce chef, elle n'est pas nécessairement fausse : aliquid est contra opinionem communemqiiodtamennon estfalsiurt, erit iamen inopinabile '. C'est-à-dire que le contraire, en tant qu'opinion, n'est pas recevable. 11 s'agit en tout ceci bien entendu d'une opinion de probabilité.

Mais cette question se trouve reliée à une autre d'une portée plus générale que nous allons examiner. On peut la formuler ainsi : dans quelle mesure le vrai et le faux conviennent-ils à l'opinion ? Il n'est pas douteux qu'ils ne constituent des caractères différentiels et diviseursde l'opinion en général •.propriumest, dit le bienheureux Albert, opinionis ut in génère accepta est, vero etfalso dividi '. Il s'agit, on le voit, de l'opinion prise dans sou acception générale. On veut dire, par là, que le vrai et le faux se rencontrent dans la catégorie de l'opinion, mais qu'ils ne la suivent pas dans toutes les formes qu'elle peut revêtir, tout au moins dans la même mesure et avec la même

Page 1