‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 48 sur 162 · Albertls M. Topic. Lib. I, tracl I, cap · texte numérisé non relu

Albertls M. Topic. Lib. I, tracl I, cap

Ces explications nous permettent de nous faire déjà une idée de la portée du jugement d'opinion. Nous les compléterons par une remarque ayant pour but de dissiper une illusion assez commune en ces matières. Quelques auteurs disent parfois que, dans l'opinion, nous jugeons de l'apparence ou de la plausibilité de la chose. Cette manière de parler peut donner lieu à une équivoque des plus dommageables pour l'intelligence de ces délicates et difficiles questions. La probabilité est, sans doute, la raison de notre assentiment, mais elle n'en est pas la matière et l'objet, dans l'exercice direct de l'acte. C'est à la chose elle-même que nous adhérons : c'est sur elle que porte notre jugement de fond ; c'est sur son être que notre esprit se prononce. En un mot c'est la chose seule qui est dans notre première intention.

De même que dans le jugement de science nous n'avons pas pour objet direct la nécessité, de même dans le jugement d'opinion nous n'avons pas directement pour objet la probabilité. Ce dernier cas relève des opérations réflexes de notre esprit. C'est pourquoi le jugejnent de probabilité peut être certain et même évident, sans que l'être ou la vérité de la chose le soit également. Nous avons ainsi la preuve manifeste de l'existence de deux jugements différents par leur objet. Celui de probabilité porte sur le conséquent quant à sa dépendance des prémisses probables : ce qui peut être connu avec une entière certitude. Celui de vérité porte sur le conséquent quant à son contenu réel: ce qui. dans le cas de moyens probables, exclut la certitude, par le fait même.

On arrive à la même conclusion par la raison suivante. Ce qui n'est pas connu, par une idée ou une similitude reçue en droite ligne de l'objet, n'est pas connu par lui-

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