‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 6 sur 162 · Sx Thomas. Sum. theolog., quœst. VII, art. II · texte numérisé non relu

Sx Thomas. Sum. theolog., quœst. VII, art. II

ces. Il convient, tout d'abord, de distinguer deux causes Je la qualité dont nous parlons ; une cause éloignée ou fondamentale et une cause prochaine et formelle. La première n'est autre que le contingent qui constitue la matière propre de la probabilité et de l'opinion. Par définition, il peut être autrement qu'il n'est : potest aliter se habere '. De là vient qu'il ne saurait, comme tel, être un sujetd'attributions vraimentuniverselles. La possibilité de changement ou de transformation qu'il renferme, s'y oppose radicalement. Elle se retrouve tout entière dans les connaissances que nous en avons. La négation ou l'affirmation, qui tombent sur lui, ne vont jamais sans quelque précarité ou quelque réserve, car il est un principe qui régit toute connaissance : sicut res se habetad esse, itase habet ad veritatem '. C'est donc dans la contingence ou l'imperfection de l'être qu'il faut placer le premier fondement de la probabilité dans nos connaissances. C'est pourquoi le probable est pris parfois pour le contingent lui-même.

Mais il ne sera pas inutile d'en faire la remarque : le nécessaire, non pris ou connu comme tel, devient aussi matière de probabilité. Il importe de ne pas perdre de vue cette distinction. Saint Thomas la souligne dans sa 44® leçon sur les Seconds Analytiques : l'opinion, ditil, ne se rencontre pas seulement dans les choses contingentes de leur nature, mais encore dans celles qui sont envisagées comme pouvant être autrement, qu'elles soient telles ou non en réalité : sive sint talia sive non. Albert le Grand, de son côté, distingue soigneusement

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