Aristoteles. Ethica Nicom. Lib. Vf, cap. IIL
puissance {simultate potenlise), elle ne s'y oppose pas non plus. On ne saurait trop le redire : le contingent neutre est l'expression de la cause matérielle : dicitur secundum causam materialem : le contingent passé ou conclu en acte au contraire évoque une cause efficiente. Dans le raisonnement, les motifs, ou les moyens par lesquels nous cernons la contingence représentent précisément la cause efficiente, la puissance active. Dans le cas de l'opinion, ils opèrent une détermination pro6a6/e, c'est-à-dire pouvant être l'objet d'un assentiment rationnel, d'une affirmation prudente. Il n'est pas absolument requis, pour cela, que ces motifs ou puissances actives dont nous parlons soient intrinsèquement nécessaires ou infaillibles : il suffît qu'elles montrent l'assentiment comme pouvant être commandé en droit et en raison par la volonté qui supplée de la sorte à ce qui leur manque de force motrice quant à l'exercice de l'acte.
Dans ces conditions, la possibilité d'être autrement subsiste, sans doute, même pour le jugement présentement porté. Mais elle revêt un caractère de simple puissance. Elle ne se manifeste sous aucune forme active, méritant d'entrer en ligne de compte ou de retenir notre attention. Elle ne saurait donc s'opposer au prononcé d'un jugement répondant à l'état objectif et actuel de la question : jugement qui manque d'une certaine fermeté intrinsèque, étant donnée la qualité de ses causes génératrices, mais qui n'en a pas moins la valeur d'un acte, d'une détermination intellectuelle positive. Une remarque pleine de bon sens d'Aristote trouve ici toute son application : lorsque, dans une recherche ou discussion, les difficultés ou les raisons contraires ont perdu toute force et que les valeurs restantes sont favorables à l'opi-