Albertcs m. Elenchor., lib. I, tract. V, cap. I
i. — Albbhtus m. Metaphysic, lib. IV, Tract. I, cap. VII.
venons de rappeler. En tant qu'elles sont comprises dans le cadre de la Dialectique, les données dont il s'agit ne sont pas regardées comme nécessaires; car elles ne sont conditionnées que par des raisons probables. C'est dans ce sens que les anciens voyaient dans la Dialectique une introduction à la connaissance proprement scientifique. C'est ce qui se vérifie surtout pour les questions dont l'objet est nécessaire par lui-même. Les conclusions dialectiques ne sont alors qu'une ébauche, une approximation de la vraie science. En un mol, la dialectique ainsi entendue peut nous conduire au probable dans toutes les sphères de connaissances.
Son domaine est donc, en quelque sorte, illimité : on ne saurait lui assigner une matière d'un genre bien déterminé ; dialectica non est entis et subjecti délerminati. Ceei peut paraître singulier ; car ce n'est le fait d'aucun autre art. Nous les voyons tous faire porter leurs recherches et leur étude sur un objet nettement délimité ; c'est ainsi, dit à ce propos Aristote, quela médecine instruitet impose la croyance en ce qui concerne la santé; la géométrie en ce qui concerne les conditions diverses des grandeurs ; l'arithmétique en ce qui regarde les nombres et ainsi de tous les autres arts et de toutes les autres sciences. La dialectique fait-elle exception à cette loi générale et dans quelle mesure ? Pour résoudre cette difficulté, il est nécessaire de distinguer entre la dialectique doctrinale — docens — et la dialectique quant à l'application ou à l'usage qu'on en peut faire — iitens. La première possède un ob- i jet d'un genre bien déterminé. Elle n'est rien autre que la logique du probable. Ces deux mots suffisent à la caractériser. Us nous disent qu'elle est une science particulière au même titre que la logique dont elle est une
division importante: science qui se propose de diriger les opérations de notre esprit dans la recherche et l'acquisition du probable. Elle nous apparaît ainsi comme l'art de penser et de raisonner en matière de probabilité. Comme telle, elle se meut dans des limites nettement tracées ; nous enseigne l'art de conclure le probable, d'acquérir l'opinion.
■ A cette fin, elle nous expose les conditions, les lois, les procédés du raisonnement tel qu'il est déterminé par la matière probable et contingente. Sous ce rapport, son caractère scientifique est manifeste. Elle s'appuie comme la logique sur les premiers principes, les axiomes fondamentaux du raisonnement. Elle en fait seulement l'application à une matière spéciale ; c'est-à-dire à une matière qui ne fournit pas, d'elle-même, une cause nécescessaire dans la démonstration. Etablir la théorie scientifique du raisonnement qui s'exerce dans un tel domaine, telle est son œuvre propre. Dans les limites de cet objet, elle procède démonstrativement : omnis scientia docens modo demonstrationis traditur *. Il n'est pas possible d'obtenir des conclusions ou des vérités doctrinales autrement. En un mot, la dialectique en tant qu'elle s'occupe des conditions et des lois d'une espèce particulière de raisonnement, n'est pas comprise dans la sphère de la probabilité, mais de la science. Par ailleurs, autre est la question de la nature et du mécanisme d'une forme d'un raisonnement considérée enelle-même — utres concepta — autre la question de valeur et de qualité des résultats obtenus par son application à telle ou telle matière sous-jacente.