‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 58 sur 162 · Albertus m. Elenchorum, lib. I, tract. V, cap. V · texte numérisé non relu

Albertus m. Elenchorum, lib. I, tract. V, cap. V

pas tout.: ce qui importe le plus, c'est la méthorle à suivre. Ainsi la dialectique ayant poiir but final l'opinion, il s'agit de savoir les moyens qu'elle offre, les procédés qu'elle enseigne pour atteindre ce but. Ces procédés sont de deux sortes : il en est de communs à toutes les classes *le discussions dialectiques ; et il en est de propres à chacune de ces classes. Les premiers sont simplement désignés dans Aristote par le mot -or.oi ; les seconds portent le nom de siSo, espèces. C'est ce qui résulte clairement de ce passage de la Rhétorique. « A l'exemple de ce qui s'est fait dans les Topiques, il faut ici distinguer parmi les enthymèmes, les espèces et les lieux qui les fournissent. Or j'appelle espèces les propositions prises pour chaque genre particulier et lieux ce qui est commun à tous instinctement. i> Le lieu ainsi entendu n'est autre qu'une source où l'on puise des arguments : sedes argumenti. Aristote n'associe jamais xo'.vôç au mot To-rcôç qui, pour lui, désigne un procédé commun. Dans la première partie des Topiques, c'est précisément des éléments qui se retrouvent dans toute argumentation dialectique quelle qu'elle soit, dont il est question. C'est ainsi qu'il y est traité du syllogisme, de l'induction, de la proposition, du problème dialectiques, et, en général, de tout ce qui, en cette matière, revêt un caractère d'universalité.

Ensuite, la Topique aborde l'étude des espèces, c'est-àdire des lieux dont l'application est limitée à une seule classe de problèmes ou discussions dialectiques. Toute question n'est autre, en définitive, qu'une affaire d'attribution de prédicat à un sujet. En d'autres termes une proposition qui demande à être prouvée, pose une question concernant l'inhérence d'un attribut ou prédicat

lOi ÉLÉMKXTS CONSTITUTIFS DE LA PnOBA.BILITÉ

rolalivement à un sujet doané : qusestio de inesse, Or les modes de liaison qui peuvent exister entre un sujet et un prédicat, sont eti nombre limité. On peut les ramener à quatre, l'attribution dont il s'agit ne se faisant qu'à titre d'accident, de propriclé, de genre et de définition. 11 s'ensuit que les questions ou problèmes à résoudre sont également rangés en quatre classes ou catégories : ils correspondent forcément aux formes ou manières diverses selon lesquelles un prédicat peut se rattacher à un sujet.

On objectera sans doute, qu'en dehors des modes d'inhérence que nous venons d'énumérerse trouvent l'espèce et la différence. D'où vient donc qu'il n'en est pas fait mention ? ni Aristote ni ses Commentateurs ne les font figurer explicitement au nombre des problèmes généraux de la dialectique. Celte omission est voulue et raisonnée de leur part. Laissant de côté toute subtilité sur ce point, nous dirons seulement qu'ils ramènent la différence au genre, l'espèce au sujet. La différence qui n'est pas ultime est dans le rapport de puissance à acte relativement à cette dernière. Comme telle, elle présente un caractère générique manifeste. D'autre part, si la différence dont il s'agit est finale, elle correspond à l'espèce. Or, celle-ci jouant le rôle de sujet dans la proposition dialectique, ne saurait donner lieu à une question générale d'inhérence : subjectuni non reducitur ad inesse et ad subjectum cui insit '. Inutile de faire observer que la réduction dont nous parlons ici est uniquement fonction de la dialectique.

Dans ces conditions, les problèmes généraux qui

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