Aristoteles. Rhetor., lib. I, cap. II
données qui s'imposent d'elles-mêmes à notre esprit : quœ a seipsis fidem habent '. C'est ce qui se vérifie même dans la catégorie du probable : nous y trouvons l'immédiat à l'origine première de nos raisonnements. Et nous ne pouvons pas y trouver autre chose ; car le nécessaire ne saurait être la cause propre du contingent et du probable. C'est pourquoi Aristote s'occupe avant tout des principes primitifs et communs du syllogisme probable. Il nous en montre un lieu, un arsenal dans ce qui paraît à tous, au plus grand nombre etc : lieu qui n'est pas limité à un genre, à une classe de disputes dialectiques : car il peut les approvisionner toutes.
Nous savons déjà que l'immédiat se rencontre dans l'opinion ; non seulement dans les cas de perception directe du contingent, mais encore dans ceux où l'accord entre le prédicat et le sujet est vraisemblable, aii premier aspect. Toute proposition qui porte, par elle-même, un caractère apparent et manifeste de probabilité et de vraisemblance, peut donc être regardée et prise comme un principe immédiat du syllogisme dialectique. Or les propositions généralement reçues par le commun des hommes ou par les savants sont, sans contredit, de ce nombre. Elles expriment des opinions courantes auxquelles on donne son assentiment sur un simple énoncé : aussi les Commentateurs Arabes les désignent-ils sous le nom de orationes divulgatœ : ils y voient des notions premières dans leur genre : notœ per pse secundum divulgationem "'.
Dans ces conditions, en effet, elles se recommandent