Albertus m. Topicor., lib. I, traci. l, cap. II
probable pour tous ou pour le plus grand nombre ou pour les savants ; et parmi ceux-ci, ou pour tous ou pour la majorité d'entre eux ou pour les plus illustres \ On pourrait croire à une réédition pure et simple de la définition que nous avons commentée plus haut. Mais il n'en est rien. Les différences, pour être difficiles à saisir à première vue, n'en existent pas moins. N'oublions pas tout d'abord que pour Aristote, la dialectique est avant tout l'art de discuter en matière de probabilité : de discuter en interrogeant et en répondant, c'est-à-dire par dialogues. Or une proposition ou un argument peuvent être envisagés en eux-mêmes per se ; c'est leur valeur intrinsèque ou absolue qui est alors en question. Ils peuvent ensuite être considérés en fonction de la discussion dialectique : in usu opponentis vel respondentis . Dans ce cas il s'agit plutôt de leur valeur relative ou pratique.
Cette distinction a son importance. Elle nous permet de saisir les différences dont nous avons parlé. Dans la première définition, les probables immédiats sont pris en eux-mêmes et non comme éléments uniquement appropriés à la discussion dialectique. Dans la seconde, au contraire, c'est de ce dernier point de vue qu'ils sont définis. De là vient que la proposition dialectique nous apparaît ici, sous forme tout au moins implicite d'interrogation : elle est proposée, c'està-dire soumise à l'assentiment préalable du répondant : Épocrric'.ç è'vôo^oç. Et c'est par suite de cet assentiment que la conséquence devient nécessaire : nécessité à laquelle l'adversaire ne peut échapper, sans se mettre en flagrant désaccord avec lui-même.