AcBERTUs M. Elhicor. lib. III, tract. I, cap. XV
2. — D'où il suit que la probabilité extrinsèque est par elle-même étrangère à la constitution du probable : elle le suppose toujours, ea
pour les savants, pour le plus grand nombre d'entre eux ou pour les plus illustres, sinon pour cause d'autorité } Nous venons de voir que ces différentes catégories de connaissants ont leur cause originelle dans le plus ou moins d'aptitude du vraisemblable à la perception immédiate. Cette raison suffît pour écarter l'autorité comme motif premier de l'assentiment donné aux propositions primitives, génératrices du syllogisme dialectique. Mais on peut fournir autre raison encore de la mention faite de diverses classes d'esprits, dans les définitions dont il s'agit. « Aucun art, dit Aristote, n'envisage un cas individuel : ainsi la médecine ne recherche pas quel traitement convient à Socrate ou à Callias, mais bien à tel individu ou à tels individus pris en général et se trouvant dans tel ou tel état de santé. C'est là le propre de l'art, tandis que le cas individuel est indéterminé et échappe à la méthode scientifique. La rhétorique ne considère pas non plus ce qui est vraisemblable dans un cas individuel, par exemple pour Socrate ou Hippias, mais ce qui le sera pour des individus se trouvant dans telle ou telle condition. Il en est de même de la dialectique » '. Le probable implique par lui-même une certaine relation à l'opinant : la terminaison du mot qui exprime une aptitude à l'assentiment l'indique assez. C'est dans ce sens que les anciens disent : probabile est alicul probabile. Mais cette relation en tant qu'elle est envisagée par la
fin de compte, primitivement, établi dans ses éléments et par ses moyens propres. Lui faire jouer un rôle prépondérant, c'est plutôt escamoter que traiter la question du probable ; c'est la négation de la dialectique comme science.