Aristoteles. Bhelor. lib. I, cap. I
dialectique ne peut pas être individuelle. Aristote vient de nous en donner la raison : les choses individuelles, étant en nombre infini et indéterminées, ne peuvent être objets de science. 11 s'ensuit que le probable dont s'occupe la dialectique comme science, ne se rapporte pas à un individu, mais à une classe d'esprits ou de connaissants. C'est seulement sous cette dernière forme qu'il présente un caractère de généralité qui le fait entrer dans le domaine scientifique. C'est pourquoi seuls les signes ou les raisons qui sont de nature à faire la vraisemblance pour tous ou pour le plus grand nombre ou pour les savants etc.. font le probable d'une portée scientifique et rationnelle : si talia sant signa probabile est quod videtur omnibus etc '.
Ainsi tout dépend, même la distribution des connaissants en diverses catégories, de la nature des raisons ou des motifs ; et les différentes catégories ne sont là qu'à titre d'indication de la puissance et de la généralité de ces signes ou motifs. Elles sont le terme d'une relation de raison seulement. Le probable comme tel se rapporte évidemment à l'approbation ou l'assentiment de l'esprit : bien plus, il est dénommé par cet assentiment. Mais il n'existe pas, pour cela, de relation réelle entre lui et l'opinant, pas plus, qu'entre l'objet connu et l'intelligence. Les rapports de ce genre n'ont leur fondement que dans une opération actuelle ou possible de notre esprit ; c'est ainsi que saint Thomas dit : res intellecta non refertur realiter ad intelligenteni. Il s'ensuit que le probable dans sa constitution intrinsèque ne dépent pas des groupes de