Albertus m. Topicor. lib. I, tract. I, cap. II
connaissants auxquels il est rapporté. La mention faite de ceux-ci n'a qu'un but : bien marquer qu'il ne s'agit pas du probable pour Socrate ou Callias, comme dit Aristote^ mais pour des individus pris en général se trouvant dans une condition de telle ou telle espèce : non quld singillatim sil prohabile, sed quid lali vel tallbus \
D'après les explications on voit la raison d'être et la portée de la mention des différentes classes de connaissants, dans la définition du lieu commun des propositions primitives du syllogisme dialectique : elle n'a point, directement et par elle-même, et du point de vue de l'assentiment de l'esprit, la signification d'un moyen terme d'autorité.
Une autre preuve en est que les discussions dialectiques dont les propositions de ce genre sont le point de départ, ne se poursuivent nullement par l'argument d'autorité ; c'est le moyen terme d'essence rationnelle que ces propositions fournissent et contiennent qui compte et agit seul. Prenons, par exemple, l'assertion suivante : verius scit aliquis, sciens illiid per artem, quamper experimentum : on possède mieux une chose par science ou raison que par le simple usage. Ceci est donné comme une opinion courante parmi les philolosophes ; et si elle est courante, c'est qu'elle se présente à eux avec des apparences manifestes de probabilité. Ce qu'elle contient d'immédiat est la raison même de sa vulgarisation parmieux. Elle réunit donc toutes les conditions nécessaires pour jouer le rôle de prémisse dans une argumentation dialectique. On pourra donc la proposer comme telle à l'acceptation de l'adversaire avec toutes les