‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 75 sur 162 · Rethor. Ub. I, cap · texte numérisé non relu

Rethor. Ub. I, cap

chances de succès. Ces sortes de propositions se présentent fortes de leur propre vraisemblance, et du fait d'être communément reçues. A vrai dire, ces deux caractères sont inséparables: ils s'expliquent mutuellement. C'est par suite de son motif apparent de probabilité qu'un jugement est mis à la portée de telle ou telle catégorie de connaissants, et qu'il peut devenir opinion courante parmi eux.

Quant aux conclusions proprement dites d'une science particulière ou d'un art, elles peuvent bien être prises comme prémisses d'une argumentation dialectique ; mais alors elles ne tiennent leur valeur que de la seule autorité. Elles ne remplissent pas les conditions requises pour devenir, dans toute la force du terme, des opinions communément reçues : orationes vulgatx. Elles ne se recommandent à l'assentiment de l'esprit que par un motif d'autorité : c'est-à-dire un /iea extrinsèque de la dialectique et le plus faible de tous. Cependant, il constitue une garantie suffisante d'une proposition pour qu'elle puisse être raisonnablement soumise au jugement et à l'approbation du répondant ; car les propositions de ce genre possèdent une certaine probabilité tirée du dehors : alienam quamdam habent probabilitatem \

Dans le cas des propositions probables pour tous, ou pour le plus grand nombre, le refus n'est guère à prévoir ; car les signes qui font la vraisemblance, en pareille matière, sont assez apparents. Pouree qui estdes propositions de vérité courante parmi les savants, elles sont alléguées ordinairement avec leur cause propre ; sinon, elles ne s'imposent, dans une certaine mesure, à l'adversaire, qu'en vertu de cette autre opinion universellement admise

Page 1