‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 76 sur 162 · Aldertiîs m. Topic, lib. I, tract. III, cap. III · texte numérisé non relu

Aldertiîs m. Topic, lib. I, tract. III, cap. III

qui regarde comme croyables les jugements de cette nature. Cependant, nombreux seront les cas où le répondant demandera les preuves des prémisses qui lui sont proposées. Il peut élever des difficultés de plus d'une sorte à leur sujet, tout d'abord sur le fait de leur diffusion ou acceptation plus ou moins commune, comme il arrive quand les savants sont partagés entre deux avis sur la question ; alors la prémisse proposée se change en problème dialectique qui, par définition même, exclut l'état d'opinion : de quo neutro modo opinamar. Il faut en dire autant quand des raisons sérieuses s'opposent les unes aux autres.

On peut voir par là, une fois de plus, combien les auteurs moderucs de théologie morale se sont écartés de la doctrine philosophique des anciens en cette matière. Là où ces derniers parlent de problème dialectique excluant toute opinion, les autres, dans des conditions identiques, parlent d'opinions équiprobables ou plus probables. La divergence vaut la peine d'être soulignée. Et c'est principalement pour aboutir à des constatations de ce genre que nous avons entrepris, dans ce chapitre, de rappeler quelques données de la dialectique aristotélicienne : sujet extrêmement ardu et à lintelligence duquel le lecteur n'a guère été préparé par nos manuels de philosophie. Mais il n'est pas possible de le passer entièrement sous silence, si l'on veut jeter quelque lumière nouvelle sur la question du probabilisme moral.

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