‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 79 sur 162 · St Thomas. Poster. Analytic, lib. II, lect. XII · texte numérisé non relu

St Thomas. Poster. Analytic, lib. II, lect. XII

DE LA LOGIQUE DU PROBABLE i 33

la forme. La conséquence a sa vraie cause dans la connexion des deux prémisses. Si cette connexion est nécessaire, l'inférence ne peut manquer de l'être également. Or ce n'est pas ce qui a lieu en matière de probabilité, à considérer les choses objectivement. L'inférence ne saurait donc, en pareil cas, revêtir un caractère de nécessité. C'est pourquoi on dit que le probable ne contient pas, en lui-même, la raison suffisante d'une conséquence nécessaire : probahile de se non habet sufjîcientem causam conseqiientise vel inferentiœ '. Mais la question change d'aspect, si l'on considère les prémisses, non plus dans leur contingence causale seulement, mais encore dans l'as, sentiment dont elles sont l'objet. Alors elles prennent, de ce fait même, et comme point de départ d'un raisonnement, une fixité toute particulière: elles deviennent, par l'acceptation même qui en est faite, un fondement solide pour une déduction. 11 n'est plus possible, en effet, de refuser d'admettre les conséquences d'un principe qu'on a préalablement admis ou concédé, alors même qu'un tel principe ne s'impose pas absolument de luimême : cela n'est plus possible, disons-nous, sans se mettre en contradiction ouverte avec soi-même. Dans ces conditions, il est vrai de dire que des prémisses contingentes ou probables peuvent fonder une nécessité de conséquence. C'est ainsi que saint Thomas écrit : ita polest inferri conclusio ex contingentibus interrogatis et concessis, sicut en necessario*. La comparaison ne vaut, bien entendu, que pour la nécessité de conséquence, comme saint Thomas s'en explique lui-même.

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