‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 80 sur 162 · SI Thomas. Poster. Analytic. Ub. I. lect. XIV · texte numérisé non relu

SI Thomas. Poster. Analytic. Ub. I. lect. XIV

134 ÉLÉMENTS CONSTITOTIFS DE LA. ï>ROBABILITÉ

Pour préciser encore la portée de notre connaissance du contingent, il ne sera pas inutile de souligner le passage suivant de la « Somme théologique » : « Il ne saurait s'établir une conformité indéfectible entre notre esprit et les choses contingentes: intellectas non potestinfalllbillier conforrnari in rébus contingentibas *. Il s'agit ici d'une conformité absolue, universelle, c'est-à-dire valable pour tous les instants de la durée et tous les points de l'espace. Il est bien manifeste qu'elle est irréalisable dans les choses contingentes comme telles puisqu'elles sont, par définition même, soumises à un perpétuel changement. C'est pourquoi aucune vertu intellectuelle spéculative ne les a pour objet, les vertus de cet ordre atteignant les choses dans leur réalité abstraite et absolue et, partant, dans leurs rapports nécessaires. Mais la conformité que les choses contingentes ne sauraient fonder dans la spéculation, elles peuvent la réaliser par rapport à une fin voulue par nous en droit et en raison : per conformilatem ad appetitum rectum. Dans ces conditions, ce n'est plus lêtre de la chose en soi qui est la mesure de notre connaissance, mais une fin à obtenir, une œuvre à produire : et c'est dans le rapport d'une chose à cette fin ou à cette œuvre que se trouve la vérité pratique.

Or l'adapta lion, le rapport dont il s'agit ici peut être établi avec certitude nonobstant la contingence : c'est ce que l'art accomplit dans la matière extérieure soumise à notre empire, et la prudence dans nos vouloirs et nos appétits. Chacune de ces deux vertus intellectuelles imptinie l'ordre de la raison et de la vérité pratique. Tout ceci revient à dire

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