‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 8 sur 162 · id. Ethicor, lib. III, tract. V, cap.^^XV · texte numérisé non relu

id. Ethicor, lib. III, tract. V, cap.^^XV

la preuve ou à la démonstration dans nos raisonnements. L'évidence en est le premier degré. Or l'évidence d'un jugement est de deux sortes : immédiate lorsqu'elle résulte de la seule compréhension des termes : ex. le tout est plus grand que la partie. Dans ce cas, l'attribut est visiblement contenu dans le sujet. Inutile de recourir au raisonnement ou à l'expérience pour faire la preuve. La chose luit par elle-même : perse nota. Dans ces conditions, l'adhésion de notre esprit est absolue. La nécessité et l'universalité sont les propriétés intrinsèques de ces jugements. Mais ces premiers principes sont relativement peu nombreux. Les cas d'évidence médiate le sont bien davantage, c'est-à-dire les cas où l'attribut n'est pas manifestement contenu dans l'idée du sujet. La liaison esta démontrer. Dans ce but, on a recours, selon les exigences de la matière sous-jacente, tantôt à l'expérience directe, tantôt à une vérité intermédiaire ou moyen terme ainsi nommé parce quil est l'instrument qui sert à unir le prédicat avec le sujet dans la conclusion. L'évidence de celleci n'est donc que médiate ou inférée. Si elle reçoit l'adhésion de notre esprit, c'est que le raisonnement nous la montre soutenant un rapport nécessaire avec les prémisses : lumine primorum illustrata*.

On voit par là que le moyen terme joue le rôle de cause relativement à la conclusion : cause dans l'ordre de la connaissance sinon toujours dans celui de l'être. Mais cette cause n'est pas univoque en matière de raisonnement. Elle peut être plus ou moins prochaine, plus ou moins immédiate. 11 est des cas où elle est tirée de la notion ou des prin-

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