I. — Albertus m. Topicor., lib. 1, tract. I, cap. II
cipes mêmes du sujet : il en est d'autres où elle est tirée de beaucoup plus loin, c'est-à-dire d'éléments qui ne sont pas en relation nécessaire avec la chose à démontrer. La matière nécessaire du raisonnement fournit la cause propre et inéluctable de la conséquence et du conséquent : causant consequentis et consequentise continei Lntra se '. C'est ce qui se vérifie dans les sciences dont l'objet atteint un certain degré d'abstraction ; car plus une science fait abstraction de la matière individuelle, plus elle échappe à la perpétuelle mobilité du sensible. Dans ces conditions, en efTet, elle se rapproche de ce qui est le principe de la nécessité dans les choses. On le sait : ce qui est attribué à un sujet en raison de sa forme, lui est toujours attribué nécessairement : nécessitas consequitur rationem formœ. Il ne saurait en être autrement puisque la forme représente ici les qualités essentielles de la chose, sans toutefois être une chose individuelle et déterminée. C'est pourquoi dans les sciences où la preuve se fait par la cause formelle, comme c'est le cas des mathématiques, la conclusion est d'une rigueur absolue. C'esst la démonstration dans toute sa plénitude.
Cependant la nécessité n'est pas la propriété exclusive de la cause formelle. Elle peut être, quoique à un degré moindre, l'effet d'un autre genre de cause. C'est ainsi qu'un moyen terme peut bien ne produire qu'une nécessité de conséquence : médium, quod est causa consequentise tantum. C'est ce qu'on comprendra facilement, en ne perdant pas de vue les notions suivantes. Par défi^nition même, la matière contingente ne contient pas et ne sau-