‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 81 sur 162 · St Thomas. Sam. theolog., I-IIae, qaxst. LVIl, art. V · texte numérisé non relu

St Thomas. Sam. theolog., I-IIae, qaxst. LVIl, art. V

avec saint Thomas que si les choses contingeutes individuelles ue sont pas susceptibles d'une certitude de science proprement dite, elles peuvent néanmoins être connues sûrement en tant pratiquement utilisables pour une fia concrète et déterminée. Sans doute, il n'est pas nécessaire que telle chose contingente existe ; mais il n'en est pas moins vrai que le fait de son existence peut être appréhendé avec certitude : in singalaribus contingentibus, dit saint Thomas, potest aliqiiid accipi certiim etsi non slmpliciter, tamen ut mine prout assumitiir in operalione \ 11 ne s'agit ici, on le voit, que des choses contingentes prises dans leur réalité concrète et individuelle et non dans leur nature abstraite et universelle. Ces précisions permettent de nous faire une juste idée de la part qui est faite à la certitude et à laprobabilité dansle domaine du contingent. Nous ne mentionnerons que pour mémoire, une autre particularité notée parles anciens, touchant la conséquence logique ; car elle n'est rien autre qu'un corollaire de ce que nous venons dédire : Il s'agit de la conséquence probable et nécessaire, mais non par le même moyen : necessaria et probabilis sed non per idem médium *. La conclusion n'est rien autre qu'une proposition prouvée. Or toute la force probante du syllogisme se trouve dans le moyen terme. C'est lui qui fait l'union du prédicat avec le sujet dans la conclusion. Celle-ci sera donc nécessaire ou probable, selon la nature et la portée du moyen auquel elle sera soumise ; c'est-à-dire selon qu'il représentera

1. — Sx Thomas. Sura. theolog. I-lIae, qasest. XIV, art. VI. Une telle certitude, en matière toute contingente, peut bien être dite probable ratione materiee, par opposition à la certitude de la science, mais elle n'en est pas moins spécifiquement distincte de l'opinion.

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