‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 84 sur 162 · Albertls m. Topicor., lib. I, tract. III, art. II · texte numérisé non relu

Albertls m. Topicor., lib. I, tract. III, art. II

LES OPINIONS COTRA.IRES SONT-ELLES GOMPOSSIBLES i43

çûij qui penche de côté et d'autre et ne peut donner lieu qu'à un jugement précipité, ne faisant pas foi : c'est une chose inachevée : motus interminatiis .

Du reste, une délibération qui se clôt par l'attribution de prédicats contraires à un seul et même sujet sous le même rapport, loin de nous apporter une solution, nous place en présence d'un pur problème dialectique. C'est l'enseignement formel d'Aristote : Sunt aiitem prohlemata etdequibus syllogismi contrarii sun.t\ Inutile d'ajouter que tous ses plus anciens Commentateurs, même les arabes, voient im lieu de problèmes dialectiques dans le fait d'aboutir à deux conclusitons contraires, en matière contingente ou probable. Or le problème dialectique est la négation même de l'opinion : de quo neutro modo opinamur. 11 est assez évident qu'avec deux conclusions opposées, notre esprit reste plus entravé que jamais. Il vérifie pleinement ces paroles du B. Albert : nodata el ligata est ratio ne procédât ad alleram partem contradictionis * : entrave qui subsiste non seulement dans le doute strict, mais encore tant que l'esprit reste attaché à l'autre partie de la contradiction par une raison, c'est-à-dire un lien d'une solidité appréciable.

Ensuite, l'opinion suppose un certain choix. Nous avons vu que saint Thomas fait mention de ce choix dans la définition même de l'opinion. 11 suffit de se rappeler, dans ses grandes lignes, le processus de la genèse de l'opinion, pour se rendre compte de la raison d'être et de la portée de ce choix. Les anciens distinguaient deux

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