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Albertcs m. Atetaphysic, Ub. III, tract. I, cap. I

144 CBITIQUE DE LA PROBABILITE COMPAREE

sortes de discussions ou reciierches : 1° la discussion doctrinale. Elle a son point de départ dans les premiers principes propres à chaque science : principes qui n'entrent pas en examen dans la science particulière qu'ils régissent et dont ils sont les premières assises. Ils valent par eux-mêmes et sont e^^clusifs de toute possibilité contraire. D'où il suit qu'en pareille matière, le point de départ et d"appui de la démonstration a l'unité et la fixité pour propriétés essentielles. Rien n'oblige dans ce cas, à se mettre préalablement d'accord à son sujet, avec le (( répondant », comme on le fait dans les débats dialectiques ; car la nécessité qui vient des choses s'impose à tous par sa propre force.

Mais il n'en est pas de même. dans les discussions connues sous le nom de dialectiques.

En effet, la matière contingente n'exclut nullement la possibilité du contraire : cette possibilité est comprise dans sa notion elle-même : d'où résulte la nécessité d'un travail d'élaboration en partie double, dans les recherches ou discussions dialectiques : dialecticse disputationes sunt ex probabilibus collectivœ contradictionum, hoc est ad utramqiie parteni contradictionis opponentes '. C'est seulement par une investigation de ce genre qu'on peut découvrir les raisons prépondérantes et victorieuses qui dictent notre choix et déterminent notre assentiment dans le sens indiqué par elles. C'est ainsi que tout se termine par un choix accompli en connaissance de cause. Or choisir c'est prendre entre deux ou plusieurs choses, celle qui convient : prœacceptio unius respecta alterius. C'est ce

Albérti>s m. Elenchor. lib. I, trac. I. Cap. IV.

LES OPIÎCIONS CONTHAIRES SONT-ELLES COMPOSSIBLES 145

qui ne se réalise plus dans le cas de deux opinions contraires. L'alternative de la période d'examen et d'investigation, se retrouve tout entière à la conclusion ou ce qui est donné comme tel : contrairement à ce qui était le but même de la délibération et de la recherche aucun des deux partis à prendre n'exclut l'autre. On n'a pas abouti. 11 ne peut pas être question, en pareil cas, de choix rationnel, tel que l'opinion l'exige.

Enfin, nous avons vu, avec saint Thomas, que dans l'opinion la raison se détourne complètement, totaliter, de l'une des deux parties delà contradiction : c'est-à-dire qu'une opinion, en vertu de sa formation même, naît et ne peut naître que de l'impuissance constatée et de la défaite de l'opinion contraire. Selon les exigences de la matière contingente et dialectique notre esprit se trouvait tout d'abord en présence de deux conclusions possibles. Mais, ensuite, l'examen dupouretducontre l'a finalement fixé sur la valeur déterminante et dynamique des raisons qui entraient en jeu. Ce n'est qu'à la suite de ce jugement appréciatif qu'il a pu sortir du doute, prendre une détermination, sans subir d'inhibition même partielle, provenant d'une force opposante, d'un obstacle extérieur : totaliter declinatiir. L'imperfection inhérente à l'opinion ne résulte plus alors que de la faiblesse intrinsèque de ses éléments générateurs.

On objectera, sans doute, que cette faiblesse si immanente qu'on la suppose, n'est pas sans connoter, dans une certaine mesure, l'opinion contraire. Nous l'accordons volontiers. Mais tout consiste à bien déterminer cette mesure. D'après tout ce que nous venons de dire, il ne peut être question d'une opinion contraire en acte, légitimement formulée comme réponse à une même

question. CoDçoit-on, en effet, que l'esprit se détourne positivement et totalement d'un contraire et y reste en même temps attaché ou adhérent ? Pour bien juger de ces choses, il importe de ne jamais perdre de vue que dans l'opinion, notre esprit atteint son but connaturel et final : ce qui suppose essentiellement une détermination intellectuelle, un prononcé de jugement : non quscstio, sed enunciatio quœdam est, dit Aristote. En d'autres termes nous ne sommes plus en présence du contingent neutre, puissance ambiguë des deux contraires, mais du contingent passé à l'acte : contingens quod inest. L'inclusion logique du prédicat en résulte incontestablement, si l'on ne veut pas refuser tout sens au jugement formulé. Dans ces conditions, la question change complètement de face : nous posons le pied sur un terrain solide ; car ce qui est donné en acte revêt un caractère de nécessité conditionnelle et, comme tel, se prête à des négations ou affirmations catégoriques ou exclusives.

En effet, le contingent pris avant toute détermination — ante actum — ne penche pas plus d'un côté que de l'autre : ante actum acceptum est ad opposita et removetur a necessario ' Mais il en est tout autrement une fois en acte. Alors, il a plus d'être que de puissance et se rapproche ainsi du nécessaire : in actu existens Jii necessarium cum reduplicatione actus, sicut dicimus quod hominem necessariam est ambulare, dum ambulat *. On peut voir parla, dans quel sens le contraire se trouve visé parce qu'il y a de débile et d'incertain dans une opinion

1. — Albertcs m. lib. II. tract. II, cap. VI. Perthermencias.

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