‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 86 sur 162 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

doanée : il est visé non pas comme une chose en acte, mais en puissance, en possibilité seulement. C'est là, du reste, une particularité à toute conclusion en matière de probabilité. L'opinion contraire n'estpas, mais elle pourrait être étant donnée la contingence de l'objet. Un contraire, même contingent, posé en acte, est nécessairement dépourvu de ioxiiepuissance de simultanéité : potentia simultatis . Cependant il possède une simultanéité de puissance des contraires : simultas potentise. C'est précisément ce qui a lieu dans la question concernant la coexistence des opinions contraires sur le même point. On comprend qu'il soit facile de s'y méprendre.

Pour plus de clarté et de précision encore nous rapporterons le passage suivant du B. Albert. Quand les choses contingentes, dit-il, sont en acte, elles restent néanmoins en puissance du contraire : un tel acte, en effet, n'amène pas la puissance à une perfection telle, qu'elle supprime toute possibilité en sens opposé : talis actus non perficit polentiam sic quodnon relinqual in ea possibilitaiem ad oppositum actum \ 11 s'ensuit qu'une partie de la contradiction étant arrêtée et conclue, l'autre ne se trouve pas radicalement éliminée. Elle ne l'est que d'une manière contingente, selon ce principe de la logique du probable : si ununi oppositorum contingenter inest, reliquum contingenter removetur ah eodeni *. Ainsi ïopinion contraire reste toujours possible ; mais la coexistence des deux ne l'est pas.

On se tromperait, néanmoins, en objectant qu'une

Page 1