Albeutus m. Pertherm., lib. II, tract. Il, cap, V
2. — Albeutcs M. Prior, Analytic-, lib. I, tract. IV, cap. XL
148 CBiriQLE DE LA PROBABILITÉ COMPAREE
puissance non rédnite en acte ne saurait être à aucun titre une cause de débilité ou de crainte pour l'opinion adoptée. Tout d'abord la puissance dont il s'agit, même non réduite en acte, rend une connaissance précaire. Elle est une porte ouverte au changement. Il arrive même que ceUe puissance passe en actes incomplets sous forme de raisons ou de vraisemblances qui ne suffisent pas à mettre en péril l'assentiment donné sous l'action des probabilités contraires : istœ polentiœ continua exeunt in actuni imperfeclum et nunquam stant in actu perfecto '.
Les raisons dans lesquelles une telle puissance s'actualise, dans une certaine mesure, sont dépourvues de toutes valeurs positives de probabilité. Il ne saurait en être autrement eu face d'un opinion raisonnéeet obtenue en suivant le procédé indiqué par la logique : car aussitôt que ces raisons, pour une cause ou pour une autre, prennent de la consistance et de la fixité jusqu'à représenter une véritable valeur nous retombons dans le soupçon ou le doute. Car, dans ce cas, elles constituent un obstacle extérieur à l'assentiment d'opinion. Nous prions le lecteur de bien se pénétrer de ces principes de saine philosophie. Ils nous font bien comprendre qu'il ne peut y avoir de compatible avec une opinion donnée que des vraisemblances fugaces, incapables de prendre corps, et, partant, d'impressionner un esprit éclairé.
Ces considérations et ces preuves bien comprises sont pleinement démonstratives. Cependant vu l'importance du sujet, nous allons en produire encore d'autres. Il est une distinction, dans saint Thomas, qui ne se rapporte