Albertus m. Perthermencias, lib. II, tract, II, cap. V
LES OPI.MONS CONXaAIRES SONT-ELLES COMPOSSIBLES H9
pas directement à la question présente, mais qui peut s'y appliquer avec le plus grand profit. Une chose, dit-il, rencontre deux obstacles à sa réalisation : le premier vient d'une imperfection des éléments constitutifs de cette chose : per modum cujiisdam defectus \ Elle ne remplit pas, en quelque sorte, sa mesure normale. Ainsi, dans l'opinion, l'assentiment n'est p:is complet, absolu dans son genre : il souffre au contraire d'une sorte de faiblesse constitutionnelle. Sous ce rapport, il est loin de réaliser, dans sa plénitude, la pure notion de l'assentiment ; il n'en est qu'une manifestation inférieure. Quant au second obstacle dont parle saint Thomas, il se produit à la manière d'une force extérieure opposante : per modam contrarielatls °'. Cette opposition atteint un effet dans sa cause même. Les contraires, et c'est une de leurs lois fondamentales, ne peuvent coexister dans le même sujet sous le même rapport. La présence de l'un entraîne l'exclusion de l'autre. L'incompatibilité est absolue. Or un obstacle de ce genre se rencontre, au plus haut degré, dans la prétendue formation de deux opinions contraires. Comme telles, elles sont destructives l'une et l'autre. Prétendre les conclure et formuler ou simplement les reconnaître toutes deux, c'est vouloir concilier des choses inconciliables. Tout ce qu'on peut dire, dans ce sens, n'est qu'illusion ou satisfaction purement verbale. C'est pourquoi, tant qu'il existe des raisons contraires sérieuses pour une partie de la contradiction, vous ne pouvez adhérer à l'autre : nodata est ratio : l'esprit est entravé ;