‹ Le Probabilisme moral et la philosophieChapitre 89 sur 162 · St Thomas. Summ. theolog., I' Sas, quœst. IV. arl · texte numérisé non relu

St Thomas. Summ. theolog., I' Sas, quœst. IV. arl

il ne lui est pas ratioanellement possible de faire un choix ni de conclure. Il est tenu en échec par une force opposante : impeditnr per modiim contrarletat'is '. Si l'on passe outre à cet obstacle, tout ce qu'on peut énoncer alors est un produit de la volonté pure et non de l'intelligence.

Dans un autre passage encore, saint Thomas nous montre Tincompatibilité radicale de deux opinions contraires. Il reconnaît pour la science et l'opinion deux causes de ruine. La première vient de l'opposition inhérente aux deux jugements en présence : ex parte ipsarum propositionam \ G est ce qui se vérifie, par exemple, pour ces deux propositions : le bien est l'objet de la volonté — le bien n'est pas l'objet de la volonté. Il est assez manifeste que l'admission de l'une est la destruction de l'autre. Telle est donc la première forme sous laquelle peut se produire la perte d'une opinion. La seconde forme est moins directe, mais non moins efficace: la ruine de l'opinion y résulte du procédé même suivi pour aboutir à une conclusion : quantum ad ipsum processum rationis '. C'est ainsi qu'un raisonnement sophistique peut amener la ruine d'une conviction scientifique ou d'une opinion acquise selon toutes les règles de la logique du probable.

Ainsi une opinion peut périr : 1° par son contraire : per contrarium suum ; 2* par un mauvais raisonnement. On ne peut nier qu'il n'existe une opposition directe entre deux jugements d'opinions contraires : opposition

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