‹ le problem de l;eglise et de l'etatChapitre 2 sur 69 · AVANT-PROPOS VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS VII

Comme tant d’autres, ce développement ne fut d’ailleurs . point da a leffort désintéressé de la pensée spéculative, mais a la pression des circonstances. De méme que, plus tard, ce sont les secousses douloureuses du grand schisme qui devaient attirer l’attention sur la nature et les formes de la constitution ecclésiastique, c’est un autre déchirement, d’aprés les conclusions actuellement recues en histoire, qui, un demi-siécle auparavant, aurait amené les théologiens 4 poser et 4 défendre les droits du pouvoir spirituel: savoir la révolte de Louis de Baviére et les écrits qui tendaient a justifier ses attentats contre la papauté. II avait fallu la réaction contre les entreprises de l’Etat pour faire naitre la théorie de l’Eglise.

De cette genése il reste seulement qu’il faut avancer un peu la date. Car, sans nier l’importance historique et théologique du conflit soulevé par Louis de Baviére, celui-ci n’est en réalité qu’une reprise, et un autre l’avait précédé de vingt ans, qui présente les mémes caractéres et entraina les mémes conséquences : c’est le mémorable différend que la politique de Philippe le Bel fit éclater, au début du xiv® siécle, entre Boniface VIII et la France. Les siécles précédents avaient connu bien d’autres crises entre |’Eglise et "Etat; mais aucune n’avait eu de suites durables, ni trop sérieusement mis en cause les principes admis sur les relations des deux puissances. Celle-ci, au contraire, offre ce double intérét qu’elle marque la ligne de faite entre deux époques et qu’elle provoqua une controverse des plus ardentes, ot furent examinées, de part et d’autre, toutes les données du cas. Bien des auteurs ont étudié les cétés politiques de cette histoire : on voudrait s’attacher ici 4 son aspect théologique. Pour importants qu’ils soient, les événements qui s’y succédérent ne prennent toute leur portée que lorsqu’on en suit la répercussion sur les intelligences.

En eux-mémes, les actes du pape et du roi pourraient peutétre ne signifier qu’une collision d’intéréts. Grace au commentaire de la polémique doctrinale qui les accompagne, on apergoit mieux qu’ils soulevaient, devant la réflexion des théologiens comme devant l’activité des gouvernants, le vaste probleme

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