SAINT PIERRE DAMIEN ET LES DROITS DU PAPE
ne signifie nulle part autre chose que la ferme revendication des droits spirituels de la papauteé.
traient la formule dans le. Décret sous le nom de Nicolas II. Voir CARLYLE, t. II, p. 206-209. Pour Rufin, le celeste imperium désigne l’autorité du pape sur les clercs; le terrenum regnum vel imperium, ses droits sur les personnes laiques : «Summus itaque patriarcha quoad auctoritatem ius habet terrent imperii, eo scilicet modo quia primum sua auctoritate ... confirmat et posi tam ipsum quam reliquos seculares istis secularibus abutentes sua auctoritate pene addicit et ipsos eosdem post penitentes absolvit » (StNGER, Die Summa Decretorum des Magister Rufinus, p. 47-48). Cfr supra, p. 31. Cette interprétation est adoptée par Etienne de Tournai : « Nam Petri successores et consecrare sacerdotes habent et coronare imperatores » (SCHULTE, Die Summa des Stephanus Tornacencis, p. 32). L’un et autre, cependant, rapportent a titre documentaire une autre interprétation qui l’explique par un simple rappel de la promesse évangélique. On peut regretter qu’ils n’aient pas fait prévaloir ce sens littéraJ.
Lorsqu’en 1858 Charles Jourdain découvrit dans un manuscrit de la Bibliothéque nationale le De ecclesiastica potestate de Gilles de Rome, il ne put pas ne pas étre frappé des ressemblances de ce traité avec la célébre bulle Unam Sanctam. Il y relevait, en effet, non seulement la méme doctrine, mais de telles coincidences dans son expression qu’elles provoquérent une invincible tentation d’attribuer a Gilles la rédaction de la bulle +. Citations et conclusions étaient aussit6t vulgarisées dans les milieux allemands par un article de F.-X. Kraus ?. Les historiens postérieurs les reproduisent ou utilisent encore, sans guere y ajouter 3.
Il nous suffira de reprendre a notre tour ce tableau pour montrer a quel point il est suggestif, mais aussi pour préparer, sur les relations des deux textes, les éléments d’un jugement plus précis.
« Nous avons, écrivait Ch. Jourdain, retrouvé presque mot a mot dans notre manuscrit toutes les phrases principales de |’acte pontifical. » Comme s’il craignait d’étre en reste, Kraus supprime cette restriction. «La comparaison de la bulle Unam Sanctam avec notre manuscrit fait, assure-t-il, trouver dans ce dernier presque mot pour mot toutes les phrases de la premiére.» En réalité, son dossier, comme d’ailleurs celui de son guide frangais, porte sur trois groupes de phrases seule-
1 Ch. Jourpain, Un ouvrage inédit de Gilles de Rome, p. 17-21.
* F.-X. Kraus, Aigidius von Rom, dans Oesterreichische Vierteljahresschrift fiir katholische Theologie, t. 1, 1862, p. 21-24. — L’auteur maintient ses positions de jeunesse, mais sans nouvelles preuves 4 l’appui, dans Dante, sein Leben und Werk, p. 680.
$ Voir R.Scuouz, Die Publizistik zur Zeit Philipps des Schénen, p. 124-128, et G. U. OxiLia, Un trattato inedito di Egidio Colonna, Introduction, p. LxxIv-