‹ Le Problème Autrichien et la Question tchèqueChapitre 21 sur 57 · PE NOES · texte numérisé non relu

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fendre sa domination dans les pays qui lui avaient été laissés en héritage par ses ancêtres. C'était un changement profond, mais ce changement n’amena nullement les corséquences que l’on eût pu désirer pour la politique intérieure en Autriche. Bien au contraire, il a fortifié les anciennes tendances de la famille à l’absolutisme et à la centralisation. Ainsi la situation extérieure de l'Autriche s'est modifiée, mais la politique intérieure est restée la même.

La seule chose qui liait les pays autrichiens l’un à l'autre était l’absolutisme gouvernemental. Le pouvoir des Etats en

Bohême était presque nul. Tout était mûr pour la centra-

lisation. L'Europe tout entière ne fournissait à Marie- Thérèse que des exemples des Etats absoluset fortement centralisés. Et dans l’état où se trouvait la Bohême à cette époque, les mesures centralistes, prises plus tard par Marie-Thérèse et par Joseph II, ont été aussitrès logiques et de plus naturelles. Aussi tout s'est-il passé sans protestation, presque insensiblement, au milieu de l'indifférence générale. Cependant il faut remarquer que les mesures centralistes de Marie- Thérèse, les tentatives de Joseph Il de germaniser la Monarchie étaient dépourvues d’une hostilité particulière contre le peuple tchèque, contre la Bohême. Le règne de Marie- Thérèse et toutes ses entreprises pour fortifier et défendre sa succession, surtout les soucis de réformes profondes de Joseph Il, étaient animés des meilleures intentions. Marie- Thérèse n’a fait que terminer ce qu’avaient préparé les Habsbourgs dansleurs lettres précédentes contre les Etats tchèques,

elle n’a fait que réaliser ce à quoi la lente évolution du cons-

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litutionnalisme tchèque vers sa ruine et les théories de l’absolutisme éclairé l'ont poussée. Enfin elle a trouvé dans la centralisation le seul salut possible de sa Monarchie contre les attaques de Frédéric II. Ainsi aidée par toutes les circonstances, il n'est que trop naturel qu'elle ait pu réaliser ce que tous ses prédécesseurs n'avaient pu réussir à faire.

Ce n'étaient pas seulement les désirs dynastiques qui travaillaient à la centralisation en Autriche. Tous les éléments possibles se sont combinés pour collaborer à cette œuvre. Après la Montagne Blanche, cette tendance a été plus ou moins marquée, suivant les circonstances et suivant les événements soit extérieurs, soit intérieurs. Mais à partir du règne de Charles VI, cette tendance a été accentuée non pas par la seule volonté du monarque, mais bien par la force des choses, par suite des causes inhérentes à ce groupement même des pays autrichiens. Les causes qui nécessitent encore aujourd'hui le maintien de la communauté de ces divers pays sont apparues déjà à cette époque. La vie économique des états modernes, si compliquée et si divergente, se laissait entrevoir dans les entreprises commerciales de Charles VI

le premier besoin de l'Etat moderne, d’avoir une vaste étendue pour sa vie économique, se fit sentir. La politique commerciale de Charles VI en a été l'expression visible. Il à fait tout son possible pour concentrer tout le commerce de ses Etats autour de deux portes maritimes, Fiume et Triest, pour établir un seul système douanier dans sa monarchie, pour

défendre le commerce autrichien contre la concurrence de

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