‹ Le Problème Autrichien et la Question tchèqueChapitre 23 sur 57 · MN TRE · texte numérisé non relu

MN TRE

Pas pu oublier là révolte ouverte, quoique ceux-ci eussent été en réalité plus patriotes et plus prêts à la défense des Habsbourg que les autres.

En outre, Marie-Thérèse avait bien reconnu que les mesures rigoureuses eñ Hongrie pouvaient soulever une résistance violente, dont la Bohême était incapable (1); de plus, la situation» toute particulière dans laquelle se trouvait la Hongrie à tous les points de vue, surtout à cause dn péril turc toujours menaçant, forçait les souverains à se montrer moins exigeants envers les Magyars. Cette situation fut encore aggravée lorsqu’enfin la Hongrie se fut soumise presque toute entière au Scéptre des Habsbourgs, Par cette soumission, la couronne de Saint-Venceslas a perdu de son importance, surtout plus tard lorsqu'elle fut encore dépouillée de la Silésie. Comme Joseph II, Léopold Ie, lui aussi, à essayé, plus tard, ainsi que ses successeurs, d'étendre ses mesures absolutistes à la Hongrie, mais une forte résistance Le forca à y renoucer. Comme la Hongrie fit pendant la domination des Turcs sous un régime de faveur de la part de Vienne, on n'y procéda pas non plus d’une façon trop rigoureuse lorsqu'il s'agissait des mesures absolutistes et centralistes. La Hongrie forma ainsi dans la monarchie, par son évolution historique, un groupe tout spécial. k

Donc le dualisme, qui n’a revêtu sa forme officielle qu’en 1867, se prépare ainsi que la centralisation et la Sgermanisation en Cisleithanie Par une évolution très lente et toute na-

turelle, en provenant directement de conditions historiques

(1) Eisenmann, Le Compromis austro-hongrois.

Nes

spéciales et d’un régime de faveur, forcément adopté par le gouvernement contre sa propre volonté et contre toutes les traditions de la famille. Le dualisme s’acclimate sournoisement dans l'administration et la politique autrichienne, et les provinces occidentales, depuis longtemps soumises el rapprochées par des siècles d’existences communes, commencent à former un tout en face de la couronne de Saint-Ftienne (1).

Cette diversité se manifeste bientôt d’une façon plus claire et visible. La forme de l’adoptation de la Pragmatique Sanction dans chacun de ces deux groupes accuse la différence qui existe entre eux (2) déjà depuis longtemps. En un mot, par ces mesures centralistes, qui ne s’étendaient pas à la Hongrie, Marie-Thérèsé n’a fait que donner une réalité politique à un fait consacré déjà par l’évolution historique. Il n’en pouvait être autrement et Marie-Thérèse a fait preuve de prévoyance et de sagesse politique en laissant intactes les institutions hongroises, tandis qu’elle a réduit à néant l’autonomie de la Bohème. Joseph II qui a pris cette clairvoyance pour une faiblesse, s’est heurté à cette diversité comme à des obstacles insurmontables et dut constater l'existence du dualisme en fait quoiqu'il ne fût pas dans la forme. Et les événements postérieurs ont montré combien il y avait de force dans cette évolution historique ; l’état actuel de l’Autriche-Hongrie n’est que le résultat logique de tout ce qui a élé préparé par de longs siècles de luttes, provenant des qualités diverses, inhérentes à ces deux groupes de pays.

(4) E Denis, O0. e:

(2) L. Eisenmann, 0. c.

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