III. — Nouvelle phase de la centralisation en Autriche
La restauration apparente de l’ancken état de choses sous Léopold FI. — La déception des Etats. — Le pouvoir de la bureaucratie sous François 1° et Ferdinand V. — Le ‘triomphe du centralisme à la veille de la Révolution de.1848. — La transformation du centralisme absolutiste en centralisme constitutionnel.
Avec les mesures centralistes de Marie-Thérèse et de Jo-
seph Il, la centralisation absolutiste en Autriche avait atteint ,
son apogée et sa ruine devait bientôt commencer. Dans la période suivante la centralisation se maintient encore toujours mais elle finit sous influence.révolutionnairé par devenir la centralisation constitutionnelle. Joseph 11 dans la germanisation vexatoire à contribué à la résurrection nationale. A son avènement, Léopold 11 fait un certain recul, notamment dans les réformes sociales; mais les institutions centralistes étaient déjà (rop profondément entrées dans la vie publique, le pouvoir absolutiste du roi trop puissant, pour qu’on pût forcer le monarque à restaurer complètement l’ancien état de choses ; bien au contraire, Léopold II affirma très hautement son pouvoir absolu, et le centralisme, comme coaséquence naturelle de l’absolutisme, ne devait pas tarder à continuer l’œuvre commencée sous les souverains précédents.
La restauration de la constitution féodale sous Léopold II
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ne rendait nullement aux Etats leurs anciens privilèges et leur ancienne participation dans les affaires politiques et judiciaires du pays. Il est vrai, que l'élection et les pouvoirs du Conseil du pays étaient restaurés, la Diète recouvrait de nouveau son droit d'être convoquée par le gouverneur de Prague et de siéger suivant le besoin du pays et la volonté des Etats. Mais dans cette restauration on ne pouvait pas remonter au delà de la constitution de 1764. Toutes les revendications formulées par les Etats ne furent donc pas réalisées.
C’est en vain que les Etats adressèrent au roi trois manifestes dans lesquels ils revendiquaient le renouvellement de l’ancien état de choses. Ils protestaient notamment contre le nouveau système fiscal de Joseph IT et ne voulaient rien savoir de l'abolition du servage. Le second manifeste élait le . plus important, car les Etats y demandaient le rétablissement de l’ancienne constitution de la Bohême et des droits dont les Etats jouissaient avant le désastre de la Montagne Blanche. Dans le troisième manifeste ils formulaient leurs vœux en ce qui concerne les réformes sociales de Joseph Il. Mais en dépit de leurs protestations, leurs revendications constitutionnelles, comme nous l’avons vu, reçurent très peu satisfaction, et quelques réformes sociales faites par Joseph IT aux dépens des Etats furent aussi maintenues.
La déception des Etats fut alors très grande, d’autant plus que leurs espérances d’un renouvellement de la constitution de la Bohème et de leurs privilèges sociaux avaient été démesurés.
Mais la cour n’était jamais trop favorable à l'agrandissement
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de l'indépendance du pays. Léopold I{ était un monarque absolu comme son prédécesseur, entouré de conseillers et de bureaucrates qui lui étaient restés en héritage de Joseph II. Leur idéal était un Etat uniforme, centraliste, soumis à l’absolutisme bursaucratique.
Ainsi le nouveau souverain esPresté dans les traditions de sa famille : roi absolu, il veut l2 centralisation. Cette tendance fut favorisée par les événements à l’étranger ; les horreurs de la Révolution française provoquèrent une réaction aussi en Autriche, terrifièrent la cour et même les Etats tchèques. La cour décida qu’on ne devait pas toucher aux questions constitutionnelles, dont la revision semblait être dans cette période de troubles extrêmement délicate. On s’efforça d’étouffer principalement tout ce qui avait une certaine allure de mouvement national et populaire. Dans cette situation les Etats ne pouvaient songer un seul moment à la véritable restauration de leurs droits constitutionnels, et au relèvement de la Bohême à son ancienne indépendance d'Etat, De toute la constitution féodale ei des privilèges des Etats il ne resta que quelques formules juridiquement valables et en théorie très importantes, mais en pratique sans influence dans les luttes politiques et sans aucune valeur pratique.
Cette situation est maintenue sans changements profonds sous le règne de François l* et Ferdinaud Y. L'adoption du titre d'Empereur d'Autriche par Francois l‘‘a encore accentué cette tendance centraliste. A cette époque une institution de Marie-Thérèse et de Joseph 11 joue un rôle prépondérant en
Autriche et repousse nécessairement tous les efforts des