‹ Le Problème Autrichien et la Question tchèqueChapitre 36 sur 57 · AIT · texte numérisé non relu

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en laissant de côté le droit historique. L'idée de l'Autriche fédérale avait été déjà plusieurs fois exprimée. Les Tchèques sentaient très bien la puissance des liens du passé qui ies rattachaient à l’ancien Etat centraliste et absolutiste, ils voyaient aussi le danger extérieur qui pent menacer la Bohême indépendante. Les Tchèques voulaient done la Bohème indépendante, mais en union assez étroite avec l’Autriche et la Hongrie. Mais les luttes intérieures entre eux et leurs compatriotes allemands, la résistance du gouvernement centraliste qui ne voulait à aucun prix consentir à la division de la monarchie en trois Etats indépendants, la répugnance des Allemands contre un Etat tchèque même étroitement lié à l'Autriche, tout cela devait pousser les Tchèques nécessairement à faire un compromis avec tous leurs ennemis. Ce compromis ne pouvait se faire que dans le sens fédéraliste. N'ayant pas moyen de rendre la Bohéme indépendante, comme un Etat particulier, il pourrait en faire au moins une province indépendante dans le cadre de l'Autriche fédérale. Et lorsque, par suite des troubles révolutionnaires à Prague, le gouvernement a empêché la convocation de la Diète Constituante et convoqué un Parlement central, les Tchèques n’ont pu faire autre chose qu’adopter franchement le programme fédéraliste. Ils résolurent à le faire. Palatsky, chef des Tchèques dans le Parlement central, se proclama fédéraliste.

Mais cette fédération de l'Autriche se fera-t-elle sur la base des anciennes provinces historiques ou sera-ce la fédération des divers groupesnationaux ? Devant cette alternative les Tchèques,

leurs meilleurs politiciens hésitaient. Palatsky lui-même adopla

successivement un programme après l’autre et ne devint le partisan résolu de la fédération des pays que plus tard, lorsque la situation politique se fut déjà modifiée. De même Havlitchek hésita longtemps enlre ces deux programmes. Palatsky se laissa entrainer par l'idée nationale au point.de présenter dans l’'Assemblée Constituante son projet constitutionnel de la fédération des nations. Les Tchèques eux-mêmes n'étaient pas tous d'accord dans cette question, ils hésitaient, ce qui donna une certaine incertitude à tout leur mouvement politique en 1848. On recula devant l’œuvre de la fédération des nations à cause de l’immensité des difficultés qui se présentaient. Lorsque l’Assemblée Constituante fut transmise de Vienne à Kremsier, ou reprit l'idée de la fédération des pays autrichiens ; et le projet élaboré à Kremsier dans ce sens fédéraliste pouvait donner une certaine satisfaction aux peuples slaves et notamment aux Tchèques. Du reste, ceux-ci se montrèrent disposés à l'adoption de la nouvelle Constitution fédéraliste de Kremsier. Mais le gouvernement, ennemi de la Constitution, ennemi de l'idée fédéraliste, ayant devant lui ses plans politiques sur l'Allemagne, en avait déjà assez avec le Parlement qui le génait. Croyant d’être assez fort et pissant pour abattre la Révolution, il dispersa, le 7 mars 1849, l’Assemblée du Kremsier et rétablit le régime absolutiste. Les espérances de tous les peuples qui sont arrivés enfin après des difficultés énormes à une conciliation partielle et à un compromis satisfaisant, furent brisées par la violence du gouvernement absolutiste, Par la nouvelle période absolutiste qui durait jusqu’en 1861, le problème autrichien qui

s’approchait par les efforts des Tchèques dé sa solution n'est

devenu que plus obscur et presque insoluble. Il conserva ce

caractère jusqu’à l’époque actuelle.

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