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dans la Constitution de Kremsier étaient abrogées ou modifiées dans nn sens réactionnaire.
Comme à l'empire, devait être octroyée aussi à chacune des diverses provinces, le plus tôt possible une Constitution. Par ces Conslitutions de pays, la centralisation devait être consolidée. La Bohême, comme la Hongrie ei les autres provinces, devenait un pays de la Couronne, inséparable de la monarchie. Ces indications générales étant données, il serait superflu d'examiner la situation de plus près. Comme jadis sous Marie-Thérèse, la Bohême a perdu par cet acte arbitraire de nouveau son indépendance d'Etat, la Hongrie, elle aussi, cesse d'exister comme état indépendant. La Transylvanie, la Croatie, la Voïvodie, qui faisaient auparavant un tôut avec la Hongrie, deviennent pays de la Couronne indépendants de la Hongrie et rattachés directement à l'empire. L’Autriche est enfin devenue un Etat unitaire et centraliste. |
Il semble que les rêves qui berçaient les Habsbourgs depuis longtemps se soient enfin réalisés et cela au lendemain même des crises douloureuses qui mensçaient la domination des Habsbourgs jusque dans son existence. L'’Autriche uniforme sort victorieuse ces luttes intérieures et extérieures, se prépare à entrer dans la Confédération de l’Allemagne, pour y occuper la première place. C’est alors son unique but politique et dès lors toute la politique se concentre autour de ce plan jusqu’en 1871.
Mais cette Constitution par sa rigueur centraliste portait en soi déjà les germes de sa mort, comme jadis les institutions de Joseph IT. Elle voulait passer par-dessus une Constitution si forte que l'était dans son essence la Constitution de la Hongrie,
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elle voulait ignorer les traditions d'indépendance si enracinée chez les Magyars, elle voulait mettre en harmonie l’unité de la monarchie et les intérêts des provinces en germanisant, c’est-àdire en opprimant les nalionalités non allemandes. Une telle harmonie ne pouvañ naturellement pas durer très longtemps. Aussi l’application ‘d’une telle Constitution parut bientôt impossible ; elle me servit donc qu’à préparer le chemin à l'absolutisme.
Celui-ci ne tarda pas à apparaître. Sous la pression des événements en Europe, où la réaction triomphait de nouveau, la Constitution du 4 mars fut abrogée par deux patentes du 31 décembre 1851 comme ne correspondant pas à la situation de la monarchie et inapplicable dans son ensemble.
Ainsi un nouveau régime commence : Le monarque est maître absolu dans toute la monarchie. Les pays deviennent de simples provinces, des départements de l'empire, de simples unités administratives. Les Constitutions des pays cessent d’exister, il n’y a plus ni de pouvoir exécutif, ni de pouvoir législatif, ni d'organes propres aux pays. Il ne leur reste que leurs anciens titres et les frontières historiques, en dehors des droits historiques et des souvenirs de l’ancienne indépendance. L’Autriche redevient un Etat centralisé, absolutiste et allemand. Le régime de terreur est établi en Bohême et en Hongrie et l'Etat tout entier est livré à la bureaucratie germanisatrice et absolutiste. Ce régime qui dure dix ans achève ce que la Constitution du 4 mars avait commencé. Une centralisation plus complè e, une unité plus consolidée en sont Jes traits essentiels. Les rêves séculaires
des Habsbourgs deviennent une réalité.